Il y a des habitudes qui ont la vie dure. Depuis quelque temps, dès qu’un changement pointe à l’horizon, certains y voient automatiquement une menace plutôt qu’une opportunité. Le bras de fer actuel entre les transporteurs de Fasan’ny Karana et les autorités autour du transfert vers la nouvelle gare routière Fisandratana en est une illustration presque classique. Rien de vraiment nouveau sous le soleil.
Pourtant, sur le papier, l’idée semble logique. Une nouvelle infrastructure, construite justement pour accueillir les voyageurs dans des conditions plus modernes et probablement plus adaptées à l’évolution de la capitale. Mais voilà, changer d’endroit, quitter ses habitudes et abandonner un système installé depuis des décennies, cela ne passe jamais si facilement.
Les transporteurs défendent leur bastion historique. Ils n’ont pas totalement tort. Depuis des années, la gare de Fasan’ny karana est devenue un véritable centre névralgique du transport national. Les voyageurs connaissent les lieux, les commerçants y vivent, toute une petite économie s’est construite autour des départs et arrivées des taxis-brousse.
Mais à force de vouloir préserver les repères, finit-on parfois par refuser toute évolution ? C’est aussi la question que pose cette affaire. Car il faut reconnaître une chose, c’est que beaucoup réclament régulièrement des infrastructures modernes, des gares propres, de l’ordre dans les transports publics, moins d’embouteillages et davantage de sécurité. Mais lorsque des projets apparaissent enfin, les résistances surgissent aussitôt. Chacun veut le changement… à condition qu’il ne bouleverse pas son propre confort.
Cela dit, les autorités ont aussi leur part de responsabilité. Dans ce genre de dossier, la concertation reste essentielle. Au fond donc, ce débat dépasse largement le simple cas d’une gare routière. Il reflète les difficultés chroniques du pays à conduire des réformes sans blocages, sans méfiance et sans tensions. Encore faut-il réussir à convaincre aussi que le changement ne signifie pas forcément exclusion.
Rakoto




