Il fut un temps où les contrôles dans les aéroports se limitaient juste à vérifier les passeports et les valises. Désormais, il faut aussi prendre la température corporelle des passagers, être à l’affût des symptômes et parfois même des gestes les plus anodins. À Ivato, les autorités sanitaires ont décidé de renforcer les contrôles aux frontières face à la menace des épidémies comme le Mpox, Ebola ou encore le hantavirus. Et pour une fois, il vaut mieux prévenir que courir derrière une catastrophe déjà installée.
Car il faut le dire clairement, le pays ne se relèverait pas d’une nouvelle grande crise sanitaire. Pas maintenant. Pas après les séquelles économiques, sociales et psychologiques laissées par les précédentes épidémies mondiales de Covid 19. Madagascar a déjà suffisamment payé le prix des crises à répétition.
C’est dans ce contexte que les autorités multiplient les mesures de vigilance à l’aéroport international d’Ivato. Le dispositif peut paraître impressionnant, parfois même excessif pour certains voyageurs pressés de quitter l’aéroport. Pourtant, personne ne se plaindra vraiment le jour où ces équipements permettront d’éviter l’entrée d’un virus dangereux sur le territoire.
Il faut reconnaître que depuis quelques années, le monde est devenu plus petit, mais aussi plus vulnérable. Un virus détecté à des milliers de kilomètres peut traverser les continents en quelques heures, à bord d’un vol international. Les frontières physiques ne suffisent plus. La vigilance sanitaire est devenue une nouvelle forme de sécurité nationale. Et puis, il y a une réalité qu’on oublie souvent, c’est le fait que Madagascar ne dispose pas les mêmes capacités hospitalières que les pays développés.
Bien sûr, certains ironisent encore sur les contrôles, les prises de température ou les longues files d’attente. Mais après tout ce que le monde a traversé ces dernières années, mieux vaut patienter quelques minutes devant une caméra thermique que passer des mois confinés chez soi.
Rakoto




