Le juste équilibre

Il faut parfois savoir écouter. C’est sans doute la principale leçon que l’on peut tirer de l’épisode de la Taxe sur les Véhicules à Moteur. Annoncée comme une nouvelle source de recettes pour l’État, cette taxe qui devrait entrer en vigueur, a pourtant déclenché une vague de réactions, de critiques et de mécontentement sur les réseaux sociaux et auprès de l’opinion publique. Face à cette contestation, le gouvernement a finalement décidé de faire machine arrière.
Cette décision mérite d’être soulignée. Dans bien des pays, il n’est pas fréquent de voir les autorités revenir aussi rapidement sur une mesure déjà annoncée. Certains y verront un recul, d’autres une preuve de pragmatisme. Mais au fond, ce choix traduit surtout une réalité que personne ne peut ignorer, le contexte économique actuel est difficile pour une grande partie des ménages.
Et pour cause, depuis plusieurs années, le pouvoir d’achat est mis à rude épreuve. Entre la hausse des prix des produits de première nécessité, l’augmentation des coûts du transport et les multiples charges du quotidien, chaque dépense supplémentaire est ressentie comme un poids. Donc, pour de nombreux automobilistes, cette taxe apparaissait donc comme une charge de trop, même si son montant pouvait paraître limité sur le papier.
Pour autant, il serait simpliste de considérer que l’État avait tort de chercher de nouvelles ressources. Les besoins sont immenses et aucun gouvernement ne peut durablement fonctionner sans recettes fiscales suffisantes. La question n’est donc pas de savoir s’il faut collecter des impôts mais comment le faire sans fragiliser davantage les citoyens.
C’est là tout le défi. Trouver le juste équilibre entre les besoins de l’État et les capacités réelles de la population. Trop de pression fiscale risque d’étouffer les contribuables et trop peu de recettes compromet les services publics et les investissements indispensables au développement.
En tout cas, la suspension de la TVM ne règle pas ce dilemme. Tôt ou tard, la question du financement des politiques publiques reviendra sur la table.

Rakoto

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