A Madagascar, les élections à venir ne devront pas seulement permettre de désigner des nouveaux dirigeants, mais surtout restaurer la confiance dans les institutions et d’en finir avec la période d’incertitude politique que traverse le pays. C’est dans cette perspective que le Sehatra ifanakalozana anatsarana ny fanaovana politika (Siap), ou Espace de dialogue des partis politiques, a rencontré, avant-hier, la délégation conduite par Mohamed Idriss Farah, représentant de l’Union africaine, et Parfait Onanga-Anyanga, représentant des Nations unies.
Après leurs rencontres avec la ministre des Affaires étrangères et celle en charge de la Refondation, les deux hommes poursuivent des consultations avec les différentes forces politiques et sociales afin d’identifier les voies possibles d’une sortie de crise pacifique.
Lors des échanges, le Siap a plaidé pour la neutralité des institutions et une politique consensuelle suffisamment large entre les différentes composantes de la société malgache, pour garantir une sortie de crise réussie. L’objectif est de prévenir les tensions avant, pendant ou après les prochaines consultations électorales. Pour le Siap, la stabilité du pays ne dépendrait donc pas uniquement de l’organisation de rapide d’un scrutin, mais surtout des conditions dans lesquelles celui-ci sera préparé et conduit.
Compromis national
Les contestations électorales trouvent souvent leur origine bien avant la proclamation des résultats, notamment lorsque les règles du scrutin, la neutralité des institutions, la fiabilité du fichier électoral, l’accès aux médias, le financement politique ou l’utilisation des moyens de l’État, sont remis en cause.
En plaçant la neutralité institutionnelle au cœur de ses propositions, le Siap invite ainsi à dépasser la seule question du calendrier électoral, pour s’interroger sur les conditions de légitimité du scrutin. Sans accord préalable sur les règles du jeu, une élection risque de prolonger la crise. En revanche, avec une préparation de manière inclusive et transparente, elle peut au contraire devenir un véritable instrument de stabilisation politique.
L’objectif est de parvenir à un compromis national sur la refondation du pays et la préparation du processus électoral. Même si le communiqué officiel n’a pas explicitement cité le terme «concertation nationale», la perspective présentée par le Siap aux représentants de l’UA et de l’ONU, le met encore une fois au cœur du processus.
Tivo Rasam




