Suspicion de kidnapping: un malade mental brûlé vif à Faratsiho

La psychose engendrée par les phénomènes de disparitions inquiétantes, de kidnapping et autres découvertes macabres, devient de plus en plus incontrôlable. Le fokonolona prend à partie tous les individus suspects, sans considérer la présomption d’innocence. Tel était notamment le cas, hier vers 15 heures à Faratsiho, où un homme est mort par incinération à cause d’une suspicion de vol d’enfant.

Un cas extrême de justice populaire s’est produit hier sur la place du marché de la commune rurale de Dango, à Faratsiho. Une foule en furie a lynché un homme âgé d’une trentaine d’années, suspecté d’avoir tenté de voler un enfant âgé de 6 ans. En le voyant poursuivre l’enfant, les gens l’ont pourchassé puis tabassé avant de le brûler vif sans attendre l’arrivée des forces de défense et de sécurité mener l’enquête.

La nouvelle s’est vite répandue. Les membres du quartier mobile du fokontany où habitait le trentenaire, ainsi que sa famille se sont rendus sur les lieux. Ils ont alors indiqué que le concerné n’était pas un malfaiteur mais qu’il souffre de troubles mentaux. Cependant, ils sont arrivés trop tard, l’homme a déjà perdu la vie, son corps ayant présenté de multiples blessures et des brûlures extrêmes.
Ayant appris les faits, la cheffe du district de Fa­ra­tsiho est venue sur place pour voir de près la situation, accompagnée du député élu dans cette circonscription et du maire local, les membres des forces de dé­fense et de sécurité ainsi que les différents responsables. Les autorités ont discuté avec le fokonolona pour lui rappeler que la justice populaire est inacceptable.
Perte de confiance généralisée

«Madagascar est un Etat de droit. L’homicide est une infraction pénale, alors il faut laisser la justice faire son travail», ont indiqué les autorités, lesquelles ont signifié que seules les investigations policières permettent de déterminer l’implication de quelqu’un dans une affaire criminelle. «Les accusations gratuites ne font que détruire la paix sociale et provoquent des violences injustes», ont-elles prévenu.
Une perte de confiance généralisée est actuellement remarquée à travers le pays. Aux moindres gestes sus­pects, la foule cherche à se faire justice elle-même. Tou­jours dans la journée d’hier, vers 15h à Voajanahary Antsirabe, une femme âgée de 32 ans, suspectée d’avoir tenté de voler deux enfants, a échappé de justesse à une vindicte populaire. Certains riverains l’ont remise aux responsables du fokontany, alors que d’autres ont réclamé sa tête.
Alertés, des éléments de l’Unité d’intervention rapide (UIR) du commissariat central d’Antsirabe ont rejoint le bureau du fokontany de Voajanahary où a été retenue la dame. Ils ont calmé la foule et ramené la suspecte pour les besoins de l’enquête. Il s’est alors avéré que, tout comme la victime de vindicte populaire à Fara­tsiho, cette femme souffrait également de troubles mentaux.

LR

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