L’annonce d’une première échéance électorale en juillet 2027 confirme le calendrier du processus de Refondation à Madagascar. Alors que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) affirme pouvoir techniquement organiser le scrutin dans les délais, la réclamation de garanties politiques et institutionnelles avant le retour aux urnes par des organisations de la société civile (OSC), malgré une certaine discrétion, reste toujours valable.
Pourtant, la question de la Ceni demeure au centre des préoccupations. Certaines organisations ont contesté sa crédibilité et appelé à une réforme profonde du système électoral plutôt qu’à un simple remplacement de ses membres. En mars, plusieurs OSC avaient ainsi refusé de participer à un processus limité au renouvellement des représentants au sein de la Commission, estimant nécessaire de revoir d’abord le cadre légal et institutionnel des élections.
Depuis, la Ceni poursuit ses préparatifs. La refonte totale des listes électorales est engagée et son président, Thierry Rakotonarivo, assure que les listes devraient être prêtes avant l’échéance annoncée de juillet 2027. Pour l’organe électoral, la fiabilité du registre électoral constitue une condition essentielle à la crédibilité du futur scrutin.
Mais pour la société civile, la préparation technique ne suffit pas. Les organisations demandent également des garanties concernant l’équité de la compétition politique, la transparence de la transition et l’utilisation des ressources publiques. Certaines OSC avaient demandé au président de la Refondation Michaël Randrianirina de clarifier ses intentions concernant une éventuelle candidature aux prochaines élections.
Question de la confiance
Ces préoccupations rejoignent celles exprimées par l’Union africaine et les Nations Unies, qui ont appelé en juillet à un dialogue politique inclusif et à la mise en place d’un cadre consensuel pour les réformes institutionnelles et électorales. Depuis, le président de la Refondation a engagé un dialogue politique pour préparer le terrain et assurer le bon déroulement des prochaines élections.
Les prochains mois devront ainsi permettre de faire avancer simultanément la préparation technique des élections et la construction d’un consensus politique autour des règles qui encadreront le scrutin. L’annonce concernant les élections à partir de juillet 2027 réduit l’incertitude sur le calendrier, mais elle ne règle pas encore la question de la confiance.
Pour une partie importante de la société civile, l’enjeu n’est donc plus seulement de savoir quand auront lieu les élections, mais dans quelles conditions elles seront organisées. La crédibilité du processus dépendra autant du respect du calendrier que de l’indépendance des institutions, de l’inclusivité des consultations et de l’égalité entre les futurs candidats.
Tivo Rasam




