Prendre la route ne devrait pas signifier rouler avec la peur. Pourtant, sur la RN4, l’inquiétude gagne les voyageurs face aux cas de jets de pierres et d’attaques, particulièrement la nuit. La situation est d’autant plus préoccupante que la circulation augmente pendant les périodes de vacances. Les déplacements nocturnes restent fréquents, notamment sur les longues distances. Une multiplication des agressions sur les axes nationaux pourrait progressivement installer un sentiment d’insécurité et pousser les voyageurs à modifier leurs horaires, voire à éviter certains trajets. A ce stade, ce ne serait plus seulement une question de sécurité individuelle, mais une atteinte à la liberté de circuler normalement sur le territoire.
Les forces de l’ordre effectuent déjà des patrouilles, mais une route nationale s’étend sur des centaines de kilomètres et il est impossible de placer des agents partout et en permanence. C’est précisément pourquoi la réponse ne peut se limiter à une présence ponctuelle.
Il faut donc éviter que ces actes ne finissent par être considérés comme de simples incidents auxquels les voyageurs devraient s’habituer. Un jet de pierre contre un véhicule en mouvement peut provoquer bien davantage qu’un pare-brise cassé. Attendre qu’un drame survienne avant de renforcer la réponse sécuritaire serait prendre le problème à l’envers.
Appeler les conducteurs à la prudence reste nécessaire. Mais la prudence individuelle ne saurait remplacer la sécurité publique. Un automobiliste peut fermer ses portières, éviter de s’arrêter et rester attentif. Il ne peut pas, à lui seul, sécuriser plusieurs centaines de kilomètres de route.
La RN4 est un axe de circulation majeur entre la capitale et le nord-ouest du pays. Ceux qui l’empruntent doivent pouvoir le faire sans considérer chaque portion sombre comme une menace potentielle. Voyager exige déjà de la prudence. Cela ne devrait jamais devenir une épreuve de vigilance permanente.
Rakoto




