Une terrible fin

Il y a des informations qui font de plus en plus peur. Et puis il y a celles qui laissent surtout une question, presque impossible à formuler. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Vendredi, Haingotiana et Stéphanie sont sorties comme tant d’autres jeunes de leur âge peuvent le faire un jour de vacances : une petite escapade, un film, quelques heures loin de la routine. Rien d’extraordinaire. Rien qui puisse laisser imaginer que ce serait leur dernier trajet. Quelques jours plus tard, leurs familles ne cherchaient plus deux jeunes femmes parties au cinéma, mais deux filles dont il fallait retrouver la trace.
La suite est malheureusement connue. Deux corps retrouvés dans un ravin. Des blessures d’une extrême violence. Une enquête a été ouverte. Et, derrière les constats des gendarmes et du médecin, deux familles doivent désormais apprendre à vivre avec l’impensable.
On aimerait pouvoir dire qu’il s’agit d’un cas isolé. Mais l’actualité récente nous oblige à regarder la réalité en face. Les disparitions inquiétantes et les crimes visant des jeunes ne peuvent plus être considérés comme de simples faits divers destinés à remplir quelques colonnes.
Il faudra évidemment que l’enquête établisse les circonstances exactes du drame, identifie les responsables et détermine les éventuels complices. Pas de procès sur les réseaux sociaux, pas de coupable désigné avant l’heure. Mais pas non plus de silence une fois l’émotion retombée. Car le véritable enjeu dépasse ce double crime. Il concerne la sécurité dans laquelle tout le monde doit pouvoir sortir, se déplacer, retrouver des amis sans que sa famille ait à craindre le pire.
Une société ne se mesure pas seulement à ses grands projets ou à ses discours. Elle se mesure aussi à sa capacité de protéger les plus vulnérables. Les deux jeunes filles avaient encore tant de choses à vivre. Elles ne sont désormais plus que des noms dans une enquête. Pourtant, derrière ces noms, il y avait des projets, des rires, des proches et des rêves.
Le minimum que nous leur devons aujourd’hui, c’est la vérité. Et surtout, que leur mort ne devienne pas une tragédie de plus que l’on finit par oublier.

Rakoto

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