En appelant le FFKM, le comité de pilotage, les responsables de la coordination et l’ensemble des participants à faire de « l’intérêt du peuple malgache » l’unique boussole de la Concertation nationale, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison demande à chacun de dépassee les ambitions personnelles, les calculs partisans et les batailles de positionnement qui accompagnent trop souvent les grands rendez-vous politiques.
Le Premier ministre a reconnu que l’unanimité n’était ni possible ni forcément souhaitable. Une Concertation nationale n’a pas vocation à produire une pensée unique. Les divergences sont normales, et même nécessaires lorsqu’il s’agit de réfléchir à l’avenir institutionnel et politique du pays. Le véritable enjeu réside plutôt dans la manière dont ces divergences seront gérées. Débattre ne signifie pas bloquer. S’opposer ne signifie pas refuser tout compromis. Et défendre une position ne devrait jamais conduire à considérer toute concession comme une défaite.
C’est là que se jouera la crédibilité de cette Concertation nationale. Si elle devient une simple juxtaposition de revendications, chacun cherchant à obtenir davantage de pouvoir, de représentation ou d’avantages, elle risque de reproduire les travers que la Refondation prétend dépasser. À l’inverse, si les participants acceptent de rechercher un socle commun, même au prix de compromis difficiles, elle pourra constituer une étape importante dans la construction d’un nouvel équilibre politique.
Mais l’exigence formulée par Mamitiana Rajaonarison ne concerne pas uniquement les autres acteurs. Elle engage également le gouvernement. L’intérêt général ne peut être une règle imposée aux participants tout en laissant l’exécutif à l’écart de cette obligation. Le pouvoir devra lui aussi accepter la contradiction, entendre les propositions qui ne vont pas nécessairement dans son sens et démontrer que la Concertation n’est pas destinée à valider des choix déjà arrêtés.
Rakoto




