L’affaire du double meurtre de Haingotiana et Stéphanie a animé les débats cette semaine un peu partout. Alors que l’enterrement des deux victimes âgées de 17 et 19 ans a eu lieu hier à Ambohidrabiby et Talatamaty, des sources non officielles ont indiqué que quatre suspects ont été arrêtés depuis dimanche soir, dont des amis proches des deux jeunes femmes. Le mobile du crime est encore à déterminer.
La gendarmerie et la police collaborent pour élucider le meurtre de Vololoniaina Haingotiana Samison alias Haingotiana et Mikaella Israele Stéphanie Nohasoavina dite Stéphanie. L’enquête avance selon des proches des deux victimes. Jusqu’ici, quatre suspects ont été arrêtés, a indiqué des sources concordantes. Trois d’entre eux font l’objet d’une enquête à la brigade criminelle à Anosy et le quatrième, à la section des recherches criminelles de Fiadanana. Parmi les individus placés en garde à vue figureraient des amis proches de Haingotiana et Stéphanie.
La version officielle des autorités est attendue, d’autant que le Premier ministre et le chef de l’Etat ont exprimé la volonté de l’Exécutif de tirer au clair cette affaire afin de punir sévèrement les auteurs du crime. En tout cas, les éléments disponibles jusqu’ici démontrent que c’était un crime passionnel maquillé en rite sacrificiel. D’après le médecin légiste venu constater les corps à Andranomatsatso Ambohimanga Rova, dimanche après-midi, l’une des deux a été violée. Il se pourrait alors que l’autre ait essayé de la défendre, mais ses gestes héroïques lui ont coûté la vie.
Retour de la peine de mort ?
En outre, toujours d’après les constatations, Haingotiana et Stéphanie auraient été tuées ailleurs avant d’être jetées dans un ravin près d’un lieu de purification/sanctification. Leur mort remonte à 48 heures avant la découverte, soit le jour de leur disparition, le 21 août. Or, Stéphanie avait encore envoyé un message à l’une de ses amis vendredi vers 13h, indiquant qu’elle n’est finalement pas allée au cinéma. Cela démontre qu’elle était encore en vie à cette heure-là et peut-être même que les deux amies étaient encore en train de trinquer avec leurs futurs assaillants.
Les deux filles étaient injoignables au téléphone depuis le soir de vendredi et leurs corps ont été retrouvés charcutés, principalement au niveau de la tête, dimanche après-midi. La double découverte a eu lieu à l’issue du traçage téléphonique avant que les appareils ne s’éteignent. Il se pourrait alors que les deux amies se soient rendues à Ambohimanga Rova de leur plein gré, mais que la situation avait dégénéré à un moment donné. Pris de panique après le double meurtre, les assaillants auraient voulu inventer une histoire liée aux superstitions.
Mais tout cela réside jusqu’ici dans le domaine de la supposition. Seules les investigations des autorités compétentes détermineront l’issue de cette affaire. Des voix s’élèvent pour exiger la divulgation des identités des suspects, certaines évoquent même leur mise à mort, même si la loi malgache ne permet pas cette sentence. En tout cas, la série de disparitions inquiétantes et de meurtres de ces derniers temps, a une fois de plus alimenté les débats sur la réintégration de la peine de mort dans le code pénal malgache, malgré la ratification par la Grande île de différentes conventions internationales exigeant son abolition.
LR




