Le processus d’élaboration de la loi de finances 2027 est désormais enclenché. Cette fois-ci, le sociologue Lanto Ratsida de l’Observatoire de la jeunesse, espère que la jeunesse sera enfin considérée comme une véritable priorité concernant la planification budgétaire nationale, et non comme une simple composante parmi d’autres des politiques publiques. Interview.
* Les Nouvelles : Pourquoi les jeunes devraient participer au processus d’élaboration de la loi de finances 2027 ?
– Lanto Ratsida : La participation des jeunes ne devrait pas se limiter à leur présence dans une salle de réunion. Participer, c’est aussi être capable de formuler des priorités, de défendre des propositions et de contribuer aux décisions qui engagent leur avenir. Pour cette loi de finances 2027, j’espère qu’elle sera enfin considérée comme une véritable priorité dans la planification budgétaire nationale, et non comme une simple composante parmi d’autres des politiques publiques.
* S’il en est ainsi, quelle place réelle l’Etat devrait accorder à la jeunesse ?
– Les jeunes représentent actuellement une part considérable de la population et constituent le principal réservoir de forces vives du pays. Or, les grandes politiques qui leur sont destinées reposent de plus en plus sur des financements extérieurs. Une situation qui n’est pas sans conséquences. Lorsque l’éducation, la santé, la formation professionnelle, l’emploi, le leadership, la culture ou encore l’entrepreneuriat des jeunes dépendent largement de projets financés par des partenaires étrangers, une question fondamentale se pose : qui définit réellement les priorités de la jeunesse malgache ? Un contexte qui appelle à un changement de paradigme où l’Etat doit retrouver une ambition nationale pour sa jeunesse et reprendre pleinement ses responsabilités régaliennes.
* Que faut-il faire alors ?
– Il ne s’agit évidemment pas de nier l’utilité de ces partenariats. Ils constituent une ressource importante pour un pays confronté à des contraintes budgétaires considérables. Mais une difficulté apparaît lorsque le financement extérieur ne vient plus seulement compléter l’action publique, mais tend à devenir une condition essentielle.
Par conséquent, si la jeunesse constitue une priorité nationale, cette priorité doit pouvoir être identifiable dans le budget de l’Etat. Il ne suffit pas de déclarer que les jeunes sont l’avenir du pays. Il faut traduire cette affirmation en crédits budgétaires, en programmes, en infrastructures, en services publics et en résultats mesurables. C’est aussi une question de souveraineté car plus les politiques destinées aux jeunes dépendent de financements extérieurs, plus les priorités peuvent être influencées par les agendas des partenaires financiers.
Propos recueillis par Sera R.




