Santé: Madagascar veut gagner la course contre les prochaines épidémies

Repérer, surveiller, agir. C’est désormais la logique que Madagascar veut renforcer face aux menaces sanitaires. Avec l’adoption du Plan stratégique national de surveillance de la santé publique (PSNSSP), le pays se dote d’une nouvelle feuille de route pour détecter plus tôt les risques, suivre leur évolution et déclencher plus rapidement les mesures nécessaires.

Concrètement, le dispositif doit permettre de voir apparaître une menace avant qu’elle ne se transforme en crise sanitaire. Lorsqu’un risque est détecté, l’objectif est de pouvoir en mesurer rapidement l’évolution et d’adapter la réponse. Une logique particulièrement importante pour des maladies comme la peste, où l’identification rapide d’un cas peut conditionner toute la suite de la riposte.
Le premier défi est celui de l’alerte. Un événement inhabituel dans une communauté, l’apparition de symptômes suspects ou une augmentation anormale de cas doivent pouvoir être repérés suffisamment tôt. Le PSNSSP, validé lundi, en­tend renforcer cette capacité de détection afin que les menaces ne soient pas dé­couvertes uniquement lorsqu’elles ont déjà pris de l’ampleur. L’objectif est de gagner un temps précieux entre les premiers signaux et l’intervention.
«De nombreuses vies peuvent être sauvées lorsqu’un pays est capable de détecter rapidement les menaces sanitaires», a déclaré Steve Brem­ner, chargé d’affaires par intérim de l’ambassade des Etats-Unis. Le gouvernement américain a soutenu l’élaboration du plan à travers le projet Data for implementation (DataFI).

Savoir si le risque gagne du terrain
Détecter une menace n’est cependant que la première étape. Encore faut-il savoir si elle reste limitée ou si elle commence à progresser. C’est pourquoi le PSNSSP prévoit également de renforcer le suivi de l’évolution des risques sanitaires. Les informations recueillies doivent permettre de mieux comprendre la situation et d’orienter les décisions au fur et à mesure de son évolution.
Cette surveillance doit notamment contribuer à identifier plus rapidement les signes annonciateurs de certaines maladies et à anticiper leur éventuelle propagation.

Quand l’alerte doit déclencher la réponse
Le troisième enjeu est celui de la réaction. Une alerte qui arrive trop tard ou qui reste isolée perd une grande partie de son utilité.
Le nouveau dispositif vise donc à améliorer la coordination des mesures de prévention et de réponse face aux urgences sanitaires.
Le PSNSSP s’inscrit dans l’approche « Une seule santé » (One Health). Son élaboration a associé le ministère de la Santé publique, le ministère de l’Elevage et le ministère de l’Environnement, afin de mieux prendre en compte les interactions entre santé humaine, santé animale et environnement.
Le Secrétaire général du ministère de la Santé publique, Dr. Ephraïm Ste­phan­son Randrianam­binina, a réaffirmé la volonté du ministère de renforcer le système national de surveillance et de faire de la sécurité sanitaire une priorité.

Fahranarison

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