Encore une fois, la Commune d’Antananarivo passe à la vitesse supérieure. Cette fois, c’est du sérieux dit-on car à partir du 4 septembre, les sanctions prévues par le Code municipal d’hygiène seront appliquées. Inspecteurs d’hygiène, police municipale, opérations « coup de poing », amendes… tout est prévu. Sur le papier, du moins.
Il faut reconnaître que l’intention est difficilement contestable. Qui pourrait être contre une ville plus propre, plus ordonnée et plus agréable à vivre ? Personne, évidemment. Le problème n’est donc pas le principe. Le problème, c’est le rendez-vous désormais bien connu entre les annonces et la réalité.
Car ce n’est pas la première fois que la municipalité annonce une offensive contre l’insalubrité. À force, les habitants finissent presque par connaître le scénario. Une nouvelle opération est annoncée, les mots sont forts, les objectifs ambitieux, les contrôles sont promis… Puis la ville reprend rapidement ses vieilles habitudes. Les ordures retrouvent les trottoirs, les marchés leurs petits arrangements, les canaux leurs déchets et les rues leur désordre quotidien.
Cette fois, pourtant, la Commune assure qu’elle ne plaisante plus. Quatre fronts sont ciblés : les déchets, l’hygiène dans les marchés, les installations sanitaires et l’occupation de la voie publique. Des amendes pouvant aller de 5 000 à 500 000 ariary sont annoncées. Voilà qui devrait, en principe, donner un peu de sérieux à l’opération.
Mais une sanction n’a de sens que si elle est réellement appliquée. Sinon, elle reste une menace parmi tant d’autres. Et c’est précisément là que la municipalité est attendue. Les habitants ne demandent pas nécessairement une nouvelle campagne de communication. Ils veulent voir les choses changer.
Il faudra donc verbaliser, mais aussi assurer un suivi. Contrôler les commerçants, certes, mais veiller également à ce que les déchets soient effectivement collectés. Exiger des sanitaires conformes, mais garantir aussi que les infrastructures nécessaires existent. Demander aux citoyens de respecter les règles, tout en faisant en sorte que l’espace public permette réellement de les respecter.
Car l’incivisme existe, personne ne peut le nier. Mais l’incivisme ne peut pas devenir l’explication à tous les maux de la capitale. Une ville propre repose sur la responsabilité de ses habitants, mais aussi sur la capacité de ses autorités à organiser, contrôler et maintenir les services publics.
Alors, cette fois-ci, espérons simplement que la Commune ne se contente pas d’appuyer sur l’accélérateur pour rester finalement au même endroit.
Rakoto




