« Si nous voulons augmenter les recettes fiscales à Madagascar, augmenter l’assiette fiscale, et non la pression sur les contribuables », déclare le Professeur Hugues Rajaonson, hier. Cette proposition intervient alors que l’État cherche à mobiliser davantage de recettes internes.
Selon l’économiste, cette démarche assure des recettes fiscales plus solides et plus durables pour Madagascar. Dans ce sens, ce spécialiste a mis en garde contre les effets pervers d’une fiscalité trop répressive. Au-delà d’un certain seuil, la pression fiscale excessive crée l’effet contraire. Les entreprises et contribuables surchargés sont tentés de frauder ou de se soustraire à l’impôt. Cette fraude se manifeste sous plusieurs formes : évasion fiscale, sous déclaration, optimisation abusive.
Mais un climat fiscal trop répressif favorise également la corruption dans les services de contrôle et de recouvrement, selon le Pr Rajaonson. Trop d’impôt pousse aussi les PME vers l’informel. « Et une charge trop lourde décourage la formalisation des entreprises et freine leurs investissements », explique-t-il.
Inverser la tendance
Pour inverser cette tendance, le Pr Hugues Rajaonson recommande d’accompagner la croissance des TPE, PME et PMI. « Une entreprise qui se développe crée plus d’emplois, plus de revenus, et à terme, plus de recettes fiscales pour l’État », affirme-t-il.
Dans ce registre, le Pr Rajaonson propose également d’élaborer une politique fiscale incitative pour formaliser les entreprises informelles. Certains impôts devraient même être supprimés pour alléger les charges des entreprises. Il appelle les autorités fiscales à revoir leur stratégie de mobilisation des recettes publiques.
Pour illustrer ses propos, le Pr Rajaonson a pris un exemple simple. Si l’État a besoin de 1.000 ariary, le Pr Rajaonson peut le demander à une seule personne, ou à mille personnes qui paye chacune 1 ariary. « Plus l’assiette fiscale est large, plus la charge individuelle est légère », conclut-il.
Arh.




