Entrepreneuriat EJE Lab 3.0, quatre mois pour transformer des idées en projets viables

Ils sont soixante jeunes porteurs de projet à participer cette année à la troisième édition de l’Espace Jeune Entrepreneur, EJE Lab 3.0. Ils seront accompagnés, pendant quatre mois, dans la structuration de leurs idées pour parvenir à transformer un projet entrepreneurial en activité viable et, à terme, commercialisable.

Aller au-delà de la simple formation et accompagner les porteurs de projets dans les différentes étapes de construction de leur activité. C’est l’objectif du Club Entrepreneurs Étudiants du Rendez-vous des Entrepreneurs (CEERE) pour cette nouvelle édition de l’EJE Lab. Le programme rassemble toujours des jeunes, avec des idées, mais peinent à les transformer en entreprises structurées. Parce qu’en entrepreneuriat, il faut savoir défendre ses idées, les adapter aux réalités du terrain et surtout trouver ses premiers clients. C’est justement ce que les participants vont expérimenter au cours des quatre prochains mois de l’EJE Lab 3.0. Au programme : des conférences, des rencontres et des échanges avec des entrepreneurs, des séances d’orientation, mais aussi des exercices pratiques. Les jeunes ne resteront donc pas uniquement dans la théorie. Ils devront confronter leurs idées aux réalités du marché. “Nous allons leur proposer des exercices pratiques à réaliser sur le terrain pendant deux semaines. Ils devront notamment aller à la recherche de clients afin de mettre en pratique les connaissances acquises ici”, avait expliqué Heritiana Manantsoa, président du CEERE, lors de la présentation du programme le 30 août dernier. Après cette immersion, les participants devraient présenter leurs résultats. Un feedback leur permettra ensuite de voir ce qui fonctionne, ce qui doit être amélioré et, si nécessaire, de revoir leur approche.

Pour certains, l’EJE Lab représente aussi une occasion de travailler sur des difficultés très concrètes. Vahatra Ravonjiarimanana, étudiante et entrepreneure en herbe, s’est lancée dans la fabrication artisanale de biscuits en 2024. Elle souhaite aujourd’hui développer son activité, mais sait qu’elle doit encore gagner en assurance pour y parvenir. “J’attends impatiemment le module d’art oratoire. J’ai toujours eu du mal à convaincre des partenaires potentiels. Et surtout, je ne suis pas à l’aise en public”, confie-elle. Pour Vahatra Ravonjiarimanana, apprendre à mieux communiquer est aussi important que développer ses connaissances en entrepreneuriat. Une compétence qui peut faire la différence lorsqu’il faut présenter son produit, convaincre un client ou encore trouver un partenaire.

Fenosoa David Rakotomalala arrive, lui, avec une autre expérience. Il a déjà créé une entreprise et travaille aujourd’hui sur un nouveau projet. Son idée est de développer une application mettant en relation des professionnels de santé et des particuliers. Cette fois, il veut aller plus loin que l’idée. Il espère profiter des quatre mois d’accompagnement pour construire un premier produit et comprendre comment le rendre suffisamment abouti pour être proposé aux utilisateurs. “Je veux surtout des conseils pour créer mon MVP (minimal viable product). Qu’est-ce qu’on doit faire pour avoir un produit commercialisable ?” affirmait Fenosoa David Rakotomalala.

Pour ces 60 jeunes, les prochains mois seront ainsi un véritable test. Entre les formations, les rencontres et surtout la confrontation avec le terrain, chacun espère faire évoluer son projet. Dans quatre mois, il ne s’agira plus seulement de savoir si une idée est intéressante, mais si elle peut réellement trouver sa place sur le marché.

Fenitra Rarivoson

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