Il y a quelque chose d’assez paradoxal dans cette histoire rapportée par la presse locale cette semaine à cause de la lenteur administrative. D’un côté, des milliards de dollars sont mobilisés pour financer des projets censés améliorer le quotidien des compatriotes. De l’autre, ces mêmes projets peuvent rester à quai, faute d’un document, d’une signature, d’une autorisation ou d’une procédure arrivée au bout du fameux circuit administratif. Comme si, après avoir trouvé l’argent, il fallait encore convaincre les papiers de se mettre au travail.
Le montant évoqué donne d’ailleurs le vertige : plus d’un milliard de dollars de projets en attente. Une somme qui, sur le papier, pourrait financer des infrastructures, soutenir l’énergie et améliorer des services essentiels dans le contexte actuel. Mais entre l’annonce d’un financement et sa transformation en chantier, il existe tout un monde. Et c’est précisément dans cet espace que la machine semble parfois s’enrayer.
Le problème n’est évidemment pas l’existence de règles. Un projet public ne peut pas se lancer au gré des envies. Il faut vérifier, autoriser, sécuriser les terrains, indemniser les personnes concernées, respecter les engagements pris avec les partenaires. Tout cela est nécessaire. Mais lorsque la procédure devient une fin en soi, elle finit par produire l’effet inverse de celui recherché.
Le gouvernement semble aujourd’hui vouloir s’attaquer à ce mal. Tant mieux. Mais la véritable mesure du succès ne sera pas le nombre de réunions consacrées à la simplification administrative. Elle sera visible sur le terrain avec un projet qui démarre, une route qui se construit, une centrale qui produit, une entreprise qui investit. Car un financement non utilisé est un peu comme une ordonnance rangée dans un tiroir : elle peut être parfaitement rédigée, elle ne guérira personne. Aussi simple que ça.
Rakoto




