Après la Direction nationale de l’enseignement catholique (Dinec), qui a exprimé ses réserves avant-hier, l’enseignement privé monte à son tour au créneau et conteste l’entrée en vigueur des nouvelles séries L, S et OSE pour remplacer les séries A, C et D. Ils réclament un sursis, le temps de consulter, de former et de se préparer.
La réforme devait ouvrir un nouveau chapitre. Elle risque surtout de commencer sous tension. A Antananarivo, plusieurs établissements privés, dont des écoles catholiques, ont déposé hier à la Direction régionale de l’Education nationale (Dren) Analamanga, sise à Nanisana, une demande de suspension de la réforme pour l’année scolaire 2026-2027.
Même mobilisation à Antsirabe. Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’éducation à Vakinankaratra, des enseignants du privé ont soulevé six points de préoccupation et demandé « des explications claires, une concertation et une étude approfondie » avant toute application.
Où sont les résultats de l’expérimentation ?
Le principal reproche porte sur la méthode. Les premières expérimentations des séries L, S et OSE remontent à 2021, mais les établissements privés affirment ne pas avoir été informés des résultats avant l’annonce de la réforme.
« Où sont les résultats de l’expérimentation ? », s’interrogent notamment les établissements catholiques. Ils regrettent également l’absence de concertation préalable et soulignent que le décret ne leur aurait été transmis qu’à la veille de la rentrée.
La préparation du corps professoral constitue l’autre point de crispation. «Les enseignants ne sont pas encore prêts», font-ils observer, alors qu’aucune formation spécifique aux nouvelles séries n’aurait été dispensée.
Le père Alexis Rajaonarivo, directeur diocésain de l’éducation catholique (Didec), résume cette inquiétude : « Il sera très difficile d’appliquer le nouveau système éducatif […] pour cette année scolaire 2026-2027. »
Les établissements demandent également une révision du programme scolaire. Pour eux, modifier les séries sans préparer les enseignants et les écoles revient à lancer une réforme avant que ses conditions de réussite ne soient réunies.
Rappel
La réforme prévoit la suppression des séries A1, A2, C et D au profit de trois nouvelles séries : Littéraire (L), Scientifique (S) et Organisation, Société, Economie (OSE). La Direction nationale de l’enseignement catholique (Dinec) avait déjà appelé à une mise en œuvre progressive, jugeant les conditions actuelles insuffisantes. Son secrétaire général, le père Jules Ranaivoson, avait estimé que la réforme aurait dû commencer par la classe de Seconde avant de s’étendre aux classes de Première et de Terminale.
Tout en pointant du doigt le manque d’enseignants formés, la Dinec s’était toutefois déclarée ouverte au dialogue avec le ministère de l’Education nationale et les établissements privés.
Fahranarison




