Tribune des Nations unies : en malgache, Michaël Randrianirina appelle à l’action face aux grands défis mondiaux

Pour la première fois dans l’histoire, le discours du président de Madagascar, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, a été prononcé entièrement en malgache qui sonne comme un appel à l’action face aux grands défis auxquels Madagascar et la communauté internationale sont confrontés : protection des populations vulnérables, conflits mondiaux, insécurité alimentaire, financement de développement, réforme fondamentale de la gouvernance mondiale… Le colonel Michaël n’a pas non plus manquer de défendre la politique étrangère adoptée par Madagascar.

Dans son discours, Michaël Ran­drianirina a souligné la nécessité de protéger les populations vulnérables qui sont les plus exposées aux
crises actuelles. «Les populations les plus vulnérables sont souvent celles qui éprouvent le plus de difficultés à trouver
des solutions collectives, face aux menaces qui traversent notre époque», a-t-il déclaré.
A ce sujet, le gouvernement de la Refondation place parmi ses priorités la sécurité alimentaire, la santé et l’éducation, avec une attention particulière accordée aux enfants, aux femmes et aux jeunes. Dans ce cadre, le chef d’Etat a évoqué les financements dont bénéficie Mada­gascar dans le cadre de la coopération internationale. Il a notamment cité le Plan-cadre des Nations unies pour l’aide au développement durable (UNDAF 2024-2028), qui devrait permettre de mobiliser 1,5 milliard de dollars sur cinq ans.
Pour le président de la Refondation, l’enjeu ne consiste pas à mobiliser des ressources. Les financements octroyés et les fonds investis, doivent également produire des résultats concrets, des changements concrets et mesurables au bénéfice de la population.

Une diplomatie ouverte et une position de neutralité
Sur le plan diplomatique, Michaël Randrianirina a réaffirmé la volonté de Madagascar de privilégier une diplomatie ouverte et des relations harmonieuses avec l’ensemble de la communauté internationale.
«Madagascar accorde de l’importance à une diplomatie ouverte à tous et défend la paix ainsi que des relations harmonieuses avec la communauté internationale», a-t-il déclaré. Dans ce contexte, le président de la Refondation a réaffirmé la position de neutralité de Madagascar face aux conflits et tensions en cours à travers le monde.

Réforme de l’ONU
La réforme de la gouvernance des Nations unies a également occupé une place importante dans le discours. Madagascar estime nécessaire de faire évoluer le système actuel afin que l’organisation puisse mieux répondre aux attentes de l’ensemble des peuples.
Le chef de la Refondation a notamment défendu une gouvernance plus inclusive et participative, avec une place centrale accordée à l’Assem­blée générale dans les processus de décision.
Le colonel Michaël Randrianiriana a aussi soulevé la question de la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies. Madagascar appelle à corriger ce qu’il considère comme une injustice historique liée à l’absence de pays africains parmi les membres permanents du Conseil de sécurité.
Michaël Randrianirina a par ailleurs insisté sur la nécessité de mieux coordonner les programmes des Nations unies avec les priorités nationales. Il a plaidé pour une plus grande prise en compte de la voix des acteurs de terrain, afin que les programmes mis en œuvre correspondent davantage aux réalités et aux besoins des populations.

Financement du développement
Autre sujet abordé par le chef d’Etat à la tribune de l’ONU, le système international de financement. Madagascar estime que les mécanismes actuels, qui reposent encore largement sur le Pib par habitant, ne permettent pas toujours de tenir suffisamment compte de la vulnérabilité réelle des pays.
Dans cette perspective, le président de la Refondation a appelé les Nations unies à examiner l’intégration de l’Indice de vulnérabilité multidimensionnelle dans les mécanismes de financement. L’objectif avancé est de permettre aux pays vulnérables d’accéder à des ressources mieux adaptées à leurs réalités et à leur capacité à faire face aux différents chocs.
Au-delà des enjeux nationaux, le discours de Michaël Randrianirina a manifesté la volonté de Madagascar de prendre part au débat sur l’évolution du système multilatéral, avec un message centré sur la solidarité internationale, la prise en compte des pays vulnérables et la nécessité de réformer les mécanismes de fonctionnement de l’ONU.

N.A

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