En 2018, Madagascar avait déjà fixé par décret ses lignes de base, à partir desquelles sont mesurées les largeurs des zones maritimes relevant de la juridiction nationale. Six ans plus tard, le gouvernement de la Refondation engage une nouvelle révision, sans en préciser encore les raisons.
Le Conseil des ministres du 6 octobre a validé un nouveau projet destiné à réviser les lignes de base de la Grande Île. Face aux enjeux de la sécurité maritime, cette démarche traduit une volonté d’actualiser ou de compléter le cadre existant.
En effet, la mesure et la délimitation des espaces maritimes reposent sur des données hydrographiques, cartographiques marines et satellitaires de haute précision. Mais à l’ère numérique, les outils évoluent et les méthodes changent. D’ailleurs, en 2023, à l’occasion d’une mission de l’Organisation hydrographique internationale (OHI) à Antananarivo, l’Agence portuaire maritime et fluviale (APMF) a déjà souligné la nécessité d’actualiser régulièrement les informations hydrographiques et cartographiques du pays et de développer des partenariats afin de renforcer les capacités nationales.
Affiner les données
L’enjeu est aussi juridique et stratégique, car les lignes de base constituent le point de départ juridique servant à mesurer les espaces maritimes où Madagascar exerce sa souveraineté. Leur précision touche directement à la pêche, aux ressources du sous-sol marin, à la sécurité, à la surveillance des eaux et à l’économie bleue, tout en s’inscrivant dans le cadre du droit international de la mer.
Une autre question se pose : Madagascar dispose-t-il aujourd’hui de moyens plus performants qu’en 2018 pour mesurer et documenter son espace maritime ? Le développement de coopérations techniques avec des partenaires disposant de meilleures capacités en imagerie satellitaire, géodésie ou hydrographie pourrait, en théorie, permettre au pays d’affiner ses données et ses coordonnées de référence.
En tout cas, il faut attendre le futur décret pour le comparer avec le texte de 2018. Cela permettra de savoir si Madagascar procède à une simple actualisation technique ou s’il prépare une évolution plus profonde dans la manière de définir, de mesurer et de défendre son espace maritime.
Tivo Rasam





