À quarante jours du Championnat du monde triplette, prévu du 20 au 24 novembre (Thaïlande), la Fédération Sport Boules Malagasy a enfin arrêté la liste des joueurs convoqués au regroupement de l’équipe nationale. Après une première publication de 35 présélectionnés le 15 septembre, la Direction technique nationale a revu sa copie en élargissant finalement le groupe à 43 joueurs. Une décision qui suscite autant d’espoir que d’interrogations.
Car derrière la richesse de l’effectif retenu se cache une réalité difficile à ignorer. Madagascar ne disposera que de quatre journées de travail, du 10 au 14 octobre, pour construire l’équipe appelée à défendre ses chances au rendez-vous le plus important de la saison. Pour une nation qui vise le sommet mondial, le délai paraît particulièrement serré.
Dans le microcosme bouliste, beaucoup s’interrogent déjà. Comment dégager une hiérarchie claire au sein d’un groupe aussi fourni ? Comment trouver la meilleure alchimie entre pointeur, milieu et tireur en seulement quelques séances ? Comment évaluer la résistance mentale des candidats lorsque les véritables situations de pression ne peuvent être reproduites qu’en compétition ?
La question est d’autant plus légitime que Madagascar porte toujours le poids de son statut historique. Le dernier titre mondial triplette remonte à 2016. Depuis ce sacre, la pétanque malagasy est restée performante, collectionnant les médailles et les résultats de prestige sur différents fronts, mais sans parvenir à retrouver la couronne suprême dans l’épreuve reine.
La liste publiée par la DTN ressemble ainsi à un subtil mélange entre sécurité et renouvellement. Les vice-champions du monde 2024 sont tous présents. Jean François Daniel Rakotondrainibe, Faratiana Rakotoniaina, Faly Donald Andrianantenaina et Christian Andriantseheno constituent naturellement la colonne vertébrale du projet. Ces joueurs connaissent les exigences du très haut niveau et savent ce que représente une campagne mondiale menée jusqu’en finale.
Autour de ce noyau gravite une génération de joueurs confirmés qui frappent depuis plusieurs saisons à la porte des plus grandes compétitions. Lova Satamandimby Rakotoarisoa, Yves Sedrick Rakotoarisoa, Faralahy Joseph Urbain Ramanantiaray ou Herizo Mahandry Rakotomalala figurent parmi les noms qui reviennent régulièrement lorsqu’il s’agit d’évoquer l’élite nationale.
Impossible également d’ignorer la présence de Tiana Laurens Razanadrakoto. Le vétéran de la SBA apporte un vécu que très peu de joueurs possèdent. Vice-champion du monde en 2011, ancien capitaine de grandes campagnes internationales, Tonnerre reste une référence lorsque le niveau s’élève et que les parties se jouent sur une seule boule.
Mais cette liste définitive soulève aussi une autre question. Pourquoi avoir attendu le 8 octobre pour intégrer huit nouveaux joueurs alors que le regroupement débute deux jours plus tard ?
L’arrivée d’Alhenj Zoel Tonitsihoarana Ulicha, Louis Antonio Andrianomenjanahary, Jacky Andriantenaina, Radotiana Rajaobelina, Mirija Solonantenaina Rakotoson, Jean Elie Randrianambininjanahary, Fihobiana Ianja Randrianoelina et Herinirina Edmond Ratsimba élargit certes le champ des possibilités, mais réduit également le temps disponible pour effectuer une évaluation approfondie.
Reste à savoir si quatre jours suffiront pour faire émerger l’équipe capable de ramener un titre qui échappe à Madagascar depuis maintenant dix ans.
Naisa





