La contestation ne faiblit pas. La Plateforme des directions nationales de l’enseignement privé (Dnep) maintient son refus d’adhérer aux réformes des programmes scolaires dont l’application est précipitée.
Hier, les établissements concernés dans les 115 Circonscriptions scolaires (Cisco) ont suspendu les cours et déposé, une nouvelle fois, des lettres de refus auprès des responsables locaux de l’Education nationale. En toile de fond, une crainte majeure : compromettre
l’avenir des élèves à l’approche des examens officiels de 2027.
Le bras de fer se poursuit. Malgré les échanges engagés avec les autorités, la Dnep persiste et signe : elle refuse l’application à marche forcée des nouveaux programmes tant que les conditions nécessaires à leur réussite ne sont pas réunies.
«Des élèves, toute une génération, risquent d’être sacrifiés si on applique tout de suite la réforme», alerte le père Alexis Rajaonarivo, directeur diocésain de l’éducation catholique (Didec) d’Antananarivo. Une déclaration qui résume les inquiétudes des responsables de l’enseignement privé face à une transition qu’ils estiment insuffisamment préparée.
Des examens sous tension
La coexistence des anciens et des nouveaux programmes soulève des interrogations sur l’équité entre les candidats aux examens officiels de 2027. La Plateforme réclame un réexamen urgent des modalités du CEPE et du BEPC afin de tenir compte des différents parcours scolaires. Pour le baccalauréat, elle indique que les échanges avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Mesupres) ont déjà permis de dégager des solutions pour la session 2027.
Au-delà des examens, plusieurs obstacles persistent. Selon la Dnep, les manuels scolaires adaptés ne sont pas encore disponibles dans les établissements, tandis que des versions numériques circulent sur les réseaux sociaux alors que certains contenus seraient toujours en cours de révision.
La formation des enseignants constitue une autre source de préoccupation. L’introduction de nouvelles matières exige des enseignants qualifiés, des outils pédagogiques adaptés et
un accompagnement approprié. Des conditions que la Plateforme estime indispensables avant toute généralisation.
Des préalables à revoir
La Dnep invoque également les résultats des expérimentations menées dans les lycées pilotes, qui auraient mis en évidence la nécessité de franchir six étapes supplémentaires avant la généralisation de la réforme, selon sa déclaration.
Dans son communiqué du 1er octobre, elle avait déjà dénoncé la note circulaire du 18 septembre 2026 imposant les nouveaux programmes aux établissements publics et privés. Elle réclame une révision approfondie des contenus et une concertation effective avec tous les acteurs de l’éducation.
La mobilisation d’hier confirme que le désaccord reste entier. Pour la Plateforme, l’enjeu est désormais de revoir les modalités de cette réforme afin de préserver la qualité des apprentissages et les chances de réussite des élèves.
Fahranarison





