Longtemps reléguée au rang des maladies parasitaires auxquelles les populations finissent par s’habituer, la bilharziose continue de représenter une menace pour la santé publique. Au-delà des traitements, c’est toute la stratégie de prévention, de dépistage et de prise en charge qui est appelée à évoluer pour espérer venir à bout de cette maladie.
La lutte contre la bilharziose ne peut plus se limiter à la distribution de médicaments. Elle exige une meilleure compréhension de la maladie, une anticipation de ses conséquences et surtout des réponses adaptées aux réalités du terrain. C’est dans cette perspective que s’inscrit la troisième édition de la Conférence sur la coordination de la stratégie de lutte contre la bilharziose à Madagascar (CCSM 2026), organisée vendredi à l’hôtel Carlton, à Anosy.
Réunissant près d’une centaine d’experts nationaux et internationaux, cette rencontre a placé la recherche au service de l’action. L’ambition est de dépasser le stade des constats scientifiques pour aboutir à des interventions concrètes et à des politiques publiques plus efficaces. Les échanges et les présentations scientifiques ont ainsi permis de confronter les résultats des recherches aux expériences acquises sur le terrain.
Une menace silencieuse, des conséquences parfois méconnues
Mais derrière cette bataille sanitaire se cache également une réalité moins visible : les atteintes à la santé sexuelle et reproductive des femmes. La bilharziose génitale féminine, qui peut toucher les organes génitaux, constitue notamment une préoccupation particulière. Cette forme de la maladie rappelle que ses conséquences ne se limitent pas aux manifestations habituellement associées à la bilharziose. Elle impose une attention accrue au dépistage, à l’information et à la prise en charge des femmes.
Malgré les efforts déployés, la maladie reste présente à Madagascar et se manifeste sous différentes formes. L’enjeu est donc autant de renforcer les dispositifs collectifs que de sensibiliser les populations à l’importance du dépistage. Les campagnes ponctuelles de distribution gratuite de médicaments constituent une réponse parmi d’autres, mais elles doivent s’inscrire dans une démarche plus large et durable.
L’élimination de la bilharziose ne se décrète pas. Elle se construit à travers la connaissance, la prévention, l’accès aux soins et la mobilisation de tous les acteurs. Le véritable défi reste désormais de transformer les avancées scientifiques en changements tangibles dans la vie des populations.
Fahranarison





