Râler, se plaindre, crier dessus, critiquer, s’indigner, blâmer, désapprouver… sont devenus les mots d’ordre de bon nombre de citoyens, particulièrement en ces temps difficiles. Pis encore, sans aucun scrupule, on n’hésite pas à pointer du doigt les autres, comme étant à l’origine des problèmes dénoncés, alors que chacun peut avoir sa part de responsabilité. Comme si rejeter les fautes sur les autres, est devenu un art.
Il n’est donc pas étonnant qu’on en arrive à ce point. On perd notre temps à gaspiller notre salive au sens propre comme au figuré. Cracher dans la rue est devenu tellement banal que plus d’un trouve cela normal.
Pas plus tard que cette semaine, Madagascar vient de découvrir son classement mondial en matière de corruption. Et autant dire qu’il n’y a pas de quoi être fier. Mais comme il fallait s’y attendre, les commentaires acerbes sont allés bon train. La faute incombe toujours aux autres.
Certes, Madagascar figure parmi les pays disposant plus d’institutions de lutte contre la corruption. Mais il reste parmi les mauvais élèves du classement. Sur qui doit-on cracher ? Le gouvernement ? Le peule ? Ou ces nombreuses institutions de lutte contre la corruption ? Et si finalement chacun prenait ses responsabilités sans pointer du doigt les autres?
Pendant ce temps, l’opposition crache son venin sur le gouvernement. Ce qui est tout à fait normal sinon elle n’a pas sa raison d’être. Mais toutes ces salives perdues en valent-elles vraiment la peine ? Où en sont les opposants actuellement et quels changements ont-ils pu apporter au pays ? Et si au lieu de gaspiller toute notre salive, on se mettait en action, solidaire, car le redressement du pays est l’affaire de tous.
T.N




