La campagne nationale de reboisement pour cette année 2023
a été lancée officiellement, il y a quelques jours. Qu’en sera-t-il cette année ? Sera-t-elle identique à celles des années précédentes ? Si l’on considère la campagne de reboisement 2022, les résultats sont loin d’être réjouissants si l’on compare certains chiffres.
Effectivement, sur l’objectif de 75.000 ha à reboiser selon les prévisions du ministère de l’Environnement et du Développement Durable, 73.000 ha ont été effectivement reboisés. Ce qui n’est pas si mal, il faut le reconnaître. Seulement, selon la World Wildlife Foundation (WWF), sur la même année, entre janvier et août, 90.000 ha de forêts ont été brulés.
Dans ces conditions, il faudra penser à une nouvelle politique de reboisement qui sera plus efficace car, comme on le constate, la destruction des forêts existantes est plus rapide que leur reconstitution. Combien d’année faut-il encore attendre pour que l’ensemble des arbres nouvellement plantés constitue une forêt ?
Il existe bien des solutions, par exemple, mettre en place une structure, un organisme – le nom importe peu – qui sera spécifiquement chargé de réaliser toutes les actions de reboisement (publiques et privées) sur tout le territoire national, de veiller à ce que les jeunes plants poussent normalement et surtout de surveiller tout acte susceptible de porter préjudice à tous les périmètres reboisés.
On peut même penser à mettre en place un ministère si le reboisement est primordial pour le pays et si besoin était. En tout cas, on peut dire que toutes les activités de reboisement effectuées depuis tout ce temps-là sont inefficaces si on regarde le résultat. Et pourtant, d’importantes sommes d’argent sont chaque année injectées pour financer la campagne de reboisement.
Il ne s’agit pas seulement du secteur public. Même le secteur privé est également responsable de ce fiasco. Tout le monde sait que de nombreuses grandes entreprises privées s’investissent également dans le reboisement. Et à ce titre, elles sont dotées d’importantes parcelles de terrain où elles effectuent, chaque année, leur reboisement.
Ainsi, tous les ans, ces entreprises privées organisent des «sorties» avec leur personnel respectif pour montrer leur contribution à la politique de reboisement national. L’idée n’a rien de mal en soi. Bien au contraire. Mais c’est la manière de faire qui laisse à désirer parce qu’en fin de compte, ce n’est qu’un simulacre de reboisement. La sortie se transforme vite en simple excursion.
Par ailleurs, à chaque reboisement, il faut réserver des parcelles destinées à être plantées d’arbres qui serviront de sources d’énergie aux populations avoisinantes. Le charbon et le bois de chauffe constitueront toujours leurs principales et uniques sources d’énergie, faute d’autres produits de substitution. Et ce sont les forêts qui en font toujours les frais. Et tout n’est qu’éternel recommencement.
Aimé Andrianina




