Il faut avoir les « cornes aiguisées »

A l’heure où les Barea de Madagascar, conduits par le sélectionneur Romuald Rakotondrabe (Roro), se préparent à en découdre avec le Kenya en quart de finale du Chan 2024, le 22 août, le choc s’annonce comme un véritable test de caractère. Face à une équipe kényane galvanisée par son parcours et son public, les Malgaches devront tirer parti de leurs atouts tout en comblant leurs lacunes. Mais que sait-on des tactiques des Harambee Stars, entraînés par l’expérimenté Benni McCarthy ?
Les Barea ont de quoi bomber le torse en défense. Avec une moyenne de 0,8 but encaissé par match et deux clean sheets, ils ont bâti un mur difficile à franchir. Aucun penalty concédé, un taux de réussite des tacles de 75,9 % et 49,4 % de duels au sol remportés : Madagascar sait fermer la boutique quand il le faut. Cette solidité sera cruciale face à un Kenya qui a montré une capacité à tenir bon, même en infériorité numérique, comme lors de leur victoire 1-0 contre le Maroc, où ils ont « parqué le train et le bus » devant leur but, selon les mots de McCarthy.
En attaque, les Barea ne font pas dans la dentelle. Avec 5 buts pour 34 tirs (dont 14 cadrés), leur taux de conversion de 14,7 % montre qu’ils savent saisir leur chance, surtout dans la surface où ils ont marqué quatre de leurs cinq buts. Un penalty transformé sans trembler et une préférence pour le pied droit (4 buts) témoignent d’un pragmatisme offensif. Mais face à une défense kényane robuste, emmenée par des joueurs comme Sylvester Owino et Alphonse Omija, qui brillent dans les airs, les Malgaches devront trouver des brèches.
Le hic, c’est que les Barea prennent l’eau dans les duels aériens, avec un taux de réussite de seulement 45,8 %. Le Kenya, sous la houlette de McCarthy, pourrait en profiter, notamment sur coups de pied arrêtés, où les Harambee Stars excellent grâce à leur puissance physique. Les analystes soulignent toutefois que le Kenya a gâché des corners mal exécutés, un point à surveiller pour Madagascar. L’absence de buts de la tête côté malgache limite aussi leur menace sur balles arrêtées, un sérieux caillou dans leur chaussure.
McCarthy, formé à l’école du Special One, a montré face au Maroc et à l’Angola qu’il sait ajuster son dispositif pour protéger son but, souvent en sacrifiant un attaquant pour bétonner le milieu. Les Barea ont donc besoin d’ajuster plusieurs points faibles.

Naisa

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