Beaucoup d’appelés mais peu d’élus

Sitôt le nouveau gouvernement formé, la passation entre les ministres sortants et ceux qui viennent d’être nommés s’est généralement bien passée. Les nouveaux ministres peuvent désormais se concentrer sur leur département respectif dans le but de répondre aux objectifs qui leurs ont été fixés.
Quoi qu’il en soit, les ministres nouvellement nommés ont la lourde responsabilité de montrer des résultats concrets dans un délai très court. Effectivement, ils disposent de deux mois pour prouver que le choix qui a porté sur chacun d’eux était le bon.
Le temps qui leur a été accordé pour ce faire sera-t-il suffisant pour donner cette preuve ? Deux mois c’est à la fois long et en même court. Pour certains mi­nistres qui se reconnaît­ront d’eux-mêmes, ce sera une véritable gageure de pouvoir montrer qu’ils ont réalisé, ne serait-ce qu’une partie de ce que les Malgaches attendent d’eux.
Il va sans dire que tous les regards seront fixés sur eux, mais pas de la même façon. Si tous leurs actes et décisions vont être scrutés à la loupe, ceux qui sont soupçonnés, à tort ou raison, de traîner des casseroles derrière eux, seront davantage suivis des yeux.
Forcément, les minis­tres qui se trouvent dans cette catégorie partiront avec un certain handicap initial au départ quoique les faits qui leurs sont reprochés n’ont jamais été prouvés. Ils savent bien ce qu’on leurs reprochent. A eux de prouver le contraire à travers leur engagement et leur compétence.
De même, pour ceux ou celles dont la nomination a correspondu aux attentes des Malgaches, la pression qu’ils auront à supporter n’en est pas des moindres. Ils doivent donner le maximum de leur personne pour attein­dre les objectifs fixés. Et la moindre défaillance de leur part sera difficilement tolérée.
Quoi qu’il en soit, pour ces ministres, c’est un choix délibéré qu’ils ont fait en parfaite con­naissance de cause. En effet, certaines nominations ont été plus ou moins critiquées alors que d’autres ont répondu aux attentes. Et la res­pon­sabilité de ces derniers est plus grande encore par rapport aux autres.
On attend d’eux des décisions et des actions précises dans les plus brefs délais. Et ils ne peuvent pas se permettre de décevoir. Dans le cas contraire, c’est toute leur carrière à venir qui est compromise. Il leurs sera bien difficile d’espérer d’avoir une seconde chance.
Il faut reconnaître que le temps a été relativement limité pour mettre en place toute une équipe gouvernementale. Beau­coup ont certainement été déçus pour ne pas avoir été appelés. Mais les places étant limitées, on ne pouvait pas satisfaire tout le monde. Com­me on le dit dans pareil cas, il y a eu beaucoup d’appelés mais peu d’élus.

Ranaivo Lala Honoré

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