Le plus tôt sera le mieux

La question des stocks de bois de rose saisis, qu’il s’agisse des stocks sur place ou à l’étranger, est de nouveau remise sur le tapis. En effet, c’est un sujet brûlant consistant à demander : Que faire des stocks de bois de rose ? Va-t-on les laisser pourrir sur place ? Ce sera une perte considérable pour Madagascar.
Il faut souligner que selon les estimations, en ce qui concerne ces stocks, 2 000 000 de rondins seraient stockés sur le territoire malgache et 49 000 rondins saisis et stockés à l’extérieur. Autrement dit, ces stocks représentent une valeur colossale qui serait utile pour le pays.
Rappelons que le trafic de bois précieux existe à Madagascar depuis le début des années 90. Ce trafic est monté en puissance au début des années 2000 et l’instabilité politique entre 2009 et 2013 a vu une hausse exponentielle des trafics notamment vers l’Asie.
Pour cette raison, la Conférence sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) s’est montrée intransigeante pour stopper les trafics qui ont mis à mal l’écosystème des forêts humides du pays.

C’est ainsi qu’elle a imposé un embargo sur l’exportation des bois précieux de Madagascar (bois de rose, bois d’ébène, palissandre). Mais aujourd’hui, compte tenu d’une part, de la situation dans laquelle le pays se trouve et d’autre part, de la nature de ces produits (périssable), il faut envisager de mettre en vente ces stocks.
Pour cela, il faut demander à la CITES de lever son embargo pour les stocks entreposés pour les vendre suivant les règles, sans malversations et en toute transparence. On pourrait même solliciter son aide pour ce faire. Ainsi, tout se fera dans les règles de l’art.

Mettre en vente ces stocks de bois de rose permettra de renflouer les caisses de l’Etat. Les produits de la vente ne serviront pas seulement pour financer la conservation de la biodiversité nationale. Ils devront également être affectés vers d’autres projets bénéfiques à toute la population telles que les routes.
Qu’on le veuille ou non, il n’appartient pas à la CITES de dicter un plan d’utilisation des revenus des ventes. C’est aux malgaches de choisir à quoi ils vont servir. Ce sont les priorités actuelles du pays qui devront déterminer l’affectation des produits de la vente.
Bien évidemment, avant la vente effective, il serait plus avantageux de procéder à une transformation, par exemple en madrier, des rondins. Outre la plus-value que cela apportera, les déchets éventuels seront toujours utiles sur place (composants pour la fabrication des produits médicaux, …).
La balle est maintenant dans le camp des dirigeants actuels du pays. A eux de décider. Il ne s’agit plus de tergiverser. On le fait ou on ne le fait pas. Il ne faut pas qu’ils oublient que ce ne sont pas des produits non périssables. Qu’ils agissent le plus vite possible. Et le plus tôt sera le mieux.

Ranaivo Lala Honoré

Partager sur: