La composition du nouveau gouvernement est maintenant connue. Comme toujours, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. On doit toujours s’y attendre parce qu’il n’y a pas de place pour tout le monde. La formation d’un gouvernement peut ressembler à un jeu de dés : On ne sait pas à l’avance ce qui va en sortir. Mais des fois, certains dés sont pipés préalablement.
Après la nomination des nouveaux ministres, on peut constater qu’il y de nouvelles têtes. Toutefois, beaucoup de ministres du précédent gouvernement ont été repêchés. Ces derniers ont donc finalement réussi à sauver leurs têtes malgré les nombreuses campagnes de dénigrement qui ont été montées contre eux. On a eu droit à toutes les spéculations jusqu’au dernier moment.
Le moins qu’on puisse dire est que les derniers jours précédents cette nomination, on a eu droit à une ambiance délétère, marquée par une atmosphère de rivalité. Cela s’explique par le fait que la formation de ce nouveau gouvernement a été le point de convergence de multiples intérêts, ambitions et rapports de force. C’est la preuve de l’existence de plusieurs courants au niveau du monde politique et même au sein de l’actuel pouvoir.
Les réseaux sociaux ont été inondés de campagnes de déstabilisation, de dénigrements ont véhiculé des « ampamoaka » concernant certains ministres. On pouvait apprécier que toutes ces critiques sont particulièrement ciblées sans que leurs objectifs aient été dévoilés. Mais on pouvait bien se douter dans quels buts elles ont été faites.
Seulement, comme aucune preuve tangible n’a jamais été fournie, force est de constater que les personnes qui ont fait principalement l’objet de ces campagnes de dénigrement ont été dans leur quasi-totalité reconduites à leur place. Il appartiendra à l’opinion publique et aux milieux politiques d’apprécier la composition de la nouvelle équipe gouvernementale.
Bien évidemment, il y aura beaucoup de déçus, notamment ceux qui constateront que leurs actions n’ont pas abouti dans le sens espéré, à savoir, empêcher la reconduction de tel ou tel ministre, pour diverses raisons. D’autres, par contre, vont être totalement satisfaits du fait que leur poulain ou leur favori soit retenu. De toutes les façons, on ne peut pas satisfaire tout le monde.
Ce qui importe maintenant, c’est de les laisser travailler pour pouvoir les juger suivant les résultats qu’ils vont donner, sans le moindre à priori. Qu’on le veuille ou non, on ne peut pas contester que cette période d’absence de gouvernement a créé une atmosphère de rivalité. On sentait monter une certaine tension sournoise dans tous les cercles. Ne serait-il pas temps d’enterrer la hache de guerre ?
Ranaivo Lala Honoré




