Lors d’une rencontre avec les représentants de la population de Morondava, le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, a fermement dénoncé la corruption sous toutes ses formes, dans le secteur foncier et la construction jugée illégale.
Face aux doléances exprimées par les habitants, le chef de l’Etat a reconnu que de nombreux problèmes soulevés, relèvent des compétences des autorités locales. Il a toutefois indiqué avoir apporté des solutions immédiates sur certains dossiers relevant directement de son champ d’action. Le colonel Randrianirina a affirmé l’existence de réseaux organisés impliqués dans la spoliation de terres à Madagascar, «un fléau profondément enraciné».
«Il n’est plus acceptable de tolérer des pratiques qui favorisent les vols de terres. Nous avons constaté qu’en huit mois, la corruption a gagné du terrain, ce qui impose un changement de méthodes de travail», a-t-il déclaré, appelant à une réforme urgente des procédures administratives.
Le président a par ailleurs pointé du doigt certains agents de l’administration publique accusés d’abuser de leur position pour exercer des pressions sur les populations rurales. Il a condamné la corruption dans les services publics, estimant qu’elle renforce le cliché des agents administratifs qu’il faut soudoyer en échange d’un service public.
Le colonel Michaël Randrianirina a également évoqué la contrainte budgétaire comme un obstacle majeur à la résolution rapide des problèmes publics, appelant par ailleurs les citoyens à s’acquitter de leurs obligations fiscales. Il a critiqué l’attitude de certains contribuables réticents à payer l’impôt, soulignant que ces comportements fragilisent les capacités d’action de l’État.
Abordant la situation des enseignants non fonctionnaires (ENF), il a annoncé que la liste établie en 2022 est actuellement fait l’objet d’une vérification. Il a précisé que, dans la région du Menabe, seuls 250 à 350 enseignants pourront être intégrés dans la fonction publique, en raison des quotas déjà définis.
Enfin, concernant les cas d’arrestations de maires, le chef de l’État a indiqué qu’elles résultent souvent de conflits entre acteurs politiques. Il a insisté sur la nécessité pour les élus locaux de maîtriser le cadre légal de leur fonction, notamment en matière de gestion des finances publiques, afin de prévenir les contentieux judiciaires.
N.A




