L’affaire de la perquisition controversée menée à Ambohibao le 9 juillet continue de défrayer la chronique. Alors que les investigations se poursuivent, les autorités multiplient les prises de parole afin de clarifier les responsabilités et de rappeler le cadre légal applicable aux opérations de perquisition. En toile de fond, une question demeure : celle de l’usurpation présumée de fonctions publiques et de l’utilisation abusive du nom de la présidence de la Refondation.
Le dernier rebondissement est intervenu après l’interpellation, par la Section de recherches criminelles (SRC) de Fiadanana, d’un homme soupçonné de s’être présenté comme conseiller technique auprès de la présidence de la Refondation. Dans un premier temps, cette arrestation a alimenté les spéculations, plusieurs observateurs pensant qu’il s’agissait de l’individu ayant conduit la perquisition controversée d’Ambohibao.
Pourtant, selon les informations émanant de la présidence, il s’agirait d’une autre personne, également soupçonnée d’être impliquée dans plusieurs affaires de troubles à l’ordre public, notamment en lien avec la grève des chauffeurs de taxi-be survenue avant les célébrations du 26 juin.
Tentative de médiation
C’est le directeur de la communication de la Présidence, Harry Laurent Rahajason, qui a fait la déclaration samedi après avoir vérifié les informations dans les locaux de la Section de recherches criminelles de Fiadanana. Il a insisté sur le fait que cette démarche ne visait aucunement à interférer avec les investigations judiciaires. Selon lui, chaque fois qu’une personne revendique une fonction au sein de la présidence ou agit en invoquant le nom du chef de l’Etat, il appartient aux responsables institutionnels de vérifier la véracité de ces affirmations afin de préserver la crédibilité des institutions de la République.
Le responsable de la communication présidentielle a rappelé que le colonel Michaël Randrianirina a réaffirmé à plusieurs reprises son attachement au respect de la séparation des pouvoirs et au libre déroulement des procédures judiciaires. Il a également indiqué qu’une tentative de médiation aurait été entreprise pour obtenir la libération du suspect, tout en appelant les autorités judiciaires à laisser l’enquête suivre son cours conformément à la loi. Selon une source proche du dossier, le suspect devrait être présenté au parquet dans les prochains jours.
Infraction
De son côté, l’un des instigateurs de la perquisition d’Ambohibao s’est justifié dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux: « Ce n’est pas le président qui nous a envoyés pour intervenir dans cette perquisition. Nous y étions en tant que simples citoyens, accompagnés de membres des forces de l’ordre », a-t-il affirmé. Pourtant, ses complices ont indiqué dans une vidéo de la perquisition qu’il fait partie du personnel de la présidence.
Parallèlement, les ressortissants chinois concernés par cette perquisition ont saisi la justice. Ils réclament notamment la restitution de biens qu’ils estiment avoir été indûment emportés, parmi lesquels plus de 200 millions d’ariary, plusieurs millions d’ariary en devises étrangères ainsi que des téléphones haut de gamme. Ces éléments font désormais partie des investigations menées par les autorités compétentes.
Rakoto




