Sadc – Réactions: Madagascar refuse la politisation des dossiers judiciaires

Face aux décisions prises lors du Sommet extraordinaire de la Sadc, Antananarivo accepte l’accompagnement régional, mais entend préserver la souveraineté nationale dans le traitement des dossiers politiques et judiciaires.

La question des « exilés politiques » s’impose désormais comme l’un des points les plus sensibles entre Madagascar et la Com­munauté de développement de l’Afrique australe (Sadc). Côté malgache, on accepte l’appui de la Sadc, mais il ne doit pas être interprété comme une remise en cause de la souveraineté nationale. Pour les autorités, la Re­fondation doit rester un processus conduit par les Mal­gaches, pour les Malgaches, et dans le respect des institutions nationales.
C’est dans cette logique que le président de la Refon­dation, le colonel Michaël Randrianirina, a réagi aux conclusions de la Sadc. Selon lui, personne n’a été con­traint de quitter le pays. Les responsables politiques actu­ellement à l’étranger ne seraient donc pas des exilés au sens politique du terme, mais des personnes parties de leur propre initiative. Le chef de l’Etat affirme ainsi que « personne ne les empêche de revenir », tout en rappelant que toute personne soup­çonnée de détournement de fonds publics ou d’atteinte aux biens nationaux, devra répondre de­vant la Justice.

En clair, Madagascar refuse que des dossiers judiciaires soient transformés en dossiers politiques sous pression extérieure. Pour Antananarivo, les poursuites engagées contre certains anciens responsables relèvent de la compétence de la Justice malgache, et non d’une négociation politique régionale.

Retour des exilés

La Sadc, de son côté, présente le retour des exilés politiques comme une con­dition importante pour créer un climat favorable au dialogue national et à la réconciliation. Dans les propos tenus à l’issue du sommet, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a insisté sur la nécessité de faciliter le retour des exilés politiques, de mettre fin aux arrestations arbitraires et de libérer les prisonniers politiques, estimant que ces mesures sont essentielles pour instaurer la confiance.
Toute la difficulté réside donc dans la qualification des faits. Pour la Sadc, le retour des exilés politiques participe à l’apaisement de la vie publique. Pour les autorités malgaches, il ne saurait y avoir d’amnistie automatique ni d’effacement des poursuites au nom de la réconciliation. Cette divergence révèle une tension plus large entre l’exigence régionale d’inclusivité politique et la volonté de Mada­gascar de préserver l’autorité de son système judiciaire.

Tivo Rasam

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