Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, a fait face aux députés hier à Tsimbazaza, dans le cadre d’une séance de questions-réponses. Et comme il fallait s’y attendre, les députés ont porté les préoccupations de la population dans leur circonscription respective, tout en faisant entendre leurs doléances. Les réponses du gouvernement sont attendues ce jour.
Avant l’ouverture de la séance, le chef du gouvernement a présenté le bilan des actions menées par l’Exécutif ainsi que les priorités de la Refondation. Il a rappelé que l’Exécutif concentre ses efforts sur les besoins essentiels de la population et la mise en œuvre du programme du président de la Refondation, Michaël Randrianirina.
Il a notamment cité le renforcement de l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs localités, la réduction progressive des délestages, la poursuite de la réhabilitation des routes nationales, le soutien au secteur agricole ainsi que les mesures prises en faveur des agents de l’Etat.
Le chef du gouvernement a également évoqué le renforcement de la coopération avec plusieurs partenaires internationaux afin d’introduire de nouvelles technologies agricoles. Il a cité le partenariat avec l’Égypte pour le développement de variétés de riz résistantes à la sécheresse. Il a par ailleurs confirmé le financement de la Banque mondiale destiné à poursuivre les travaux sur les RN2, RN4, RN7, RN10 et RN13.
Les attentes des districts
Après le bilan, les députés sont entrés dans le vif du sujet. Les questions de sécurité, de développement, l’économie et d’accès aux services sociaux, ont été soulevées.
Le député Narison Solofoniaina, élu à Mampikony, a notamment alerté sur la recrudescence des enlèvements et des actes de banditisme dans son district. Selon lui, plusieurs auteurs de kidnappings seraient déjà identifiés et suivis par les services compétents, sans avoir été appréhendés jusqu’à présent. Plusieurs élus ont également demandé de renforcer les effectifs, les moyens matériels des forces de sécurité. Ils ont, en outre, appelé le gouvernement à prendre des mesures spécifiques pour mieux protéger les personnes atteintes d’albinisme, encore victimes d’agressions dans certaines régions.
Les infrastructures ont constitué aussi une grande préoccupation des élus. Les députés ont plaidé pour l’accélération des travaux de réhabilitation des routes nationales et des axes reliant les districts enclavés, ainsi que pour la construction ou la réhabilitation des bâtiments administratifs, des brigades de gendarmerie, des commissariats, des centres de santé et des établissements scolaires.
Le député Bosco, élu à Lalangina, a notamment rappelé que son district ne dispose toujours pas d’infrastructures administratives majeures, obligeant les habitants à effectuer leurs démarches à Fianarantsoa.
Les interventions ont également porté sur l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, ainsi que sur la construction de barrages destinés à développer l’irrigation dans les zones rurales et à renforcer la production agricole.
Politique économique
Au-delà des préoccupations liées à la sécurité et aux infrastructures, les questions économiques ont occupé une place importante au cours de cette séance. Le député Narison, élu dans le district d’Antanifotsy, a interpellé le gouvernement sur les stratégies envisagées pour soutenir la croissance économique, maîtriser l’inflation et accroître les recettes de l’État sans augmenter la pression fiscale sur les ménages et les entreprises en règle.
L’élu a également demandé des précisions sur les mesures destinées à réduire progressivement le déficit budgétaire, à maîtriser l’endettement public et à améliorer le taux d’exécution des investissements publics. Il s’est en outre interrogé sur les réformes prévues pour renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques, améliorer le climat des affaires et associer davantage les collectivités territoriales à la mise en œuvre des politiques nationales.
Les résultats attendus avant la prochaine loi de finances, les garanties d’une utilisation efficace des crédits consacrés à l’éducation, à la santé et à la protection de l’enfance, ainsi que les mécanismes de suivi des recommandations de la Cour des comptes et des commissions parlementaires figurent également parmi les questions soulevées.
Dans le domaine de la santé, plusieurs députés ont dénoncé le manque de médecins, de centres de santé de base et d’hôpitaux dans plusieurs districts. L’insuffisance des établissements scolaires et universitaires, notamment dans les régions éloignées, a également été évoquée, les élus estimant que ces carences continuent de freiner le développement local.
Les membres du gouvernement sont attendus aujourd’hui pour répondre à l’ensemble de ces préoccupations avant la clôture officielle de la session ordinaire de l’Assemblée nationale.
S.A




