La peur s’installe. Dans la capitale comme dans certaines localités du pays, les disparitions d’enfants, les découvertes de corps et les faits troublants rapportés ces derniers jours alimentent une psychose grandissante. Les parents surveillent davantage leurs enfants, les réseaux sociaux s’enflamment et la méfiance s’invite partout.
Il faut pourtant garder la tête froide. Toutes les disparitions ne relèvent pas d’un acte criminel. Certaines sont des fugues, heureusement dénouées. Mais d’autres cas sont bien réels et suffisamment graves pour justifier l’inquiétude. C’est justement ce mélange de faits avérés et de rumeurs qui nourrit aujourd’hui l’angoisse collective.
Le danger n’est d’ailleurs pas seulement le ou les auteurs de ces crimes. Le danger, c’est aussi la peur elle-même. Elle se propage plus vite que les informations vérifiées, transforme chaque inconnu en suspect et fait ressurgir le spectre de la vindicte populaire. L’histoire récente a montré qu’une foule gagnée par la panique peut désigner un coupable avant même le début d’une enquête.
Les autorités ont réagi en mettant en place un centre opérationnel de commandement et en renforçant les contrôles routiers. Il le fallait. L’Etat ne pouvait rester spectateur face à une inquiétude qui gagne du terrain.
Mais une autre question s’impose : qui profite du crime ? Les auteurs de ces actes, bien sûr, qui trouvent dans la confusion un terrain favorable. Mais un climat de peur généralisée peut aussi servir des desseins de déstabilisation. Une population qui doute, qui se méfie et qui cède à la panique est une population fragilisée.
Il est encore trop tôt pour avancer des conclusions. Une certitude demeure cependant : le plus grand service que l’on puisse rendre aux criminels serait de céder à la peur. La vigilance est nécessaire, la fermeté de l’Etat également. Mais elles doivent toujours s’accompagner de sang-froid et de discernement. Car lorsqu’une société laisse la peur gouverner, c’est la raison qui finit par capituler.
Rakoto




