Hier, dans son allocution lors d’une cérémonie de sortie de promotions dans une université privée de la Capitale, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique a souligné que : « L’Etat a besoin des universités privées.
Ce qui est bien vrai car on pourra remarquer qu’avant chaque début de l’année universitaire, un concours est systématiquement organisé au niveau de chaque filière pour sélectionner les étudiants qui pourront s’inscrire. La raison est que les places sont limitées dans les universités publiques.
Ce qui n’était pas le cas auparavant. Avant, on pouvait s’inscrire dans n’importe quelle faculté, quelle filière qu’on voulait du moment que votre diplôme de baccalauréat correspondait aux conditions exigées. C’est ainsi qu’on pouvait fréquenter deux ou même trois filières en même temps.
Mais il faut reconnaître que la construction de nouvelles universités publiques n’a pas suivi le rythme de progression du nombre de nouveaux bachelierschaque année. C’est pourquoi on a dû organiser des concours d’entrée chaque année dans pratiquement toutes les filières.
Bien sûr, dans ces sélections, ce ne sont pas toujours les meilleurs qui sont admis. On peut imaginer pour quelles raisons ! Toujours est-il que tous ceux qui désiraient poursuivre leurs études supérieures et qui n’ont pas été admis dans les universités publiques sont obligés de fréquenter des universités privées.
Mais fréquenter une université privée peut coûter cher, surtout quand il s’agit d’un établissement d’enseignement supérieur privé qui bénéficie déjà d’une certaine notoriété quant à la qualité des enseignements qui y sont dispensés. Force est de reconnaître que toutes les universités privées ne sont pas à la portée de tout le monde.
Depuis quelques temps, les universités privées poussent comme des champignons. Beaucoup de détenteurs de capitaux ont constaté que l’enseignement supérieur privé se présentait comme un véritable filon. Et compte tenu du profit qu’on pouvait en tirer, beaucoup y ont investi.
C’est ainsi que sont apparues de nombreuses et nouvelles universités privées qui, à vrai dire, sont loin de pouvoir être considérées comme une vraie université. Qu’il s’agisse des bâtiments qui abritent la pseudo université, des enseignants …, rien ne répond aux normes.
Dans la même allocution d’hier, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique a également relevé que : « Depuis des années, on a constaté un certain laisser-aller dans l’enseignement supérieur privé ». On a entendu parler d’achat de diplômes, d’enseignants non habilités, … .
Selon le ministre, on va redresser la situation. Autrement dit, on va remettre de l’ordre dans l’enseignement supérieur privé comme il a déjà été commencé dans son homologue public. C’est une bonne chose pour l’enseignement supérieur du pays. Et cette action permettra de séparer le bon grain de l’ivraie.
Ranaivo Lala Honoré




