Pas d’investissement sans sécurité

Il faut être réaliste : quand une vingtaine de personnes cagoulées pénètrent de force dans une propriété privée en prétendant agir sur ordre de la Prési­dence, il aurait été difficile pour le propriétaire, qu’il soit Malga­che ou étranger de se soustraire à une « perquisition », qu’elle soit légale ou non.
C’est la triste réalité que vivent les simples citoyens. A priori, ils peuvent toujours exiger la présentation des documents attestant la légalité de l’opération. Mais quand cela leur est refusé, ils ne peuvent rien faire d’autres que de subir.
Comme d’habitude, ils sont empêchés de communiquer avec l’extérieur pendant la fouille des lieux même sans présentation des documents officiels au­torisant la perquisition, on peut toujours craindre que la « perquisition » se déroule autrement avec des préjudices physiques pour les victimes.
Comme la Présiden­ce a déjà démenti toute implication dans cette « perquisition » et qu’elle ait appelé à l’arrestation des « imposteurs », il faudra procéder à leur interpellation le plus vite possible. Ces actes illégaux ternissent, qu’on le veuille ou non, l’image du pouvoir en place.
Et avec les images prises pendant la « perquisition » et qui sont disponibles, il serait, en principe, aisé pour les enquêteurs chargés de l’affaire d’identifier et d’arrêter les auteurs. Ils risquent plusieurs chefs d’inculpation (vio­lation de domicile, usur­pation de fonction, vol de nombreux biens).
Quoi qu’il en soit, il faut trouver les moyens pour lutter efficacement contre toutes ces « perquisitions » qui prennent de plus en plus un caractère répétitif. Il faut reconnaître qu’on ne peut pas placer des éléments des forces de sécurité devant chaque domicile.
Dans ces conditions, comment permettre à tout un chacun de se dé­fendre contre ces actes illégaux ? On ne peut pas à chaque attendre que le mal soit fait pour agir. Et il n’est jamais garanti que les coupab­les seront retrouvés. C’est pour cette raison que ces actes se répètent.
Ces actes créent certainement une psychose au niveau de la po­pu­lation alors que cette dernière est encore en proie au désarroi suite aux différents kidnappings et disparitions de personnes qui frappent tout particulièrement la Capitale et ses environs.
Mais plus grave en­core, ces actes, s’ils ne sont pas réprimés, sont de nature à refroidir les envies des investisseurs potentiels qui envisagent de s’installer à Ma­dagascar. Or, d’aucuns ignorent qu’il n’y a pas de développement sans investissements et qu’il n’y a pas investissement sans sécurité.

Ranaivo Lala Honoré

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