Alors que le judo féminin africain des moins de 70 kg cherche sa championne, une nouvelle opposition cristallise toutes les attentions depuis 2025. Entre Aina Laura Rasoanaivo Razafy (Madagascar) et Diassonema Mucungui (Angola), la rivalité prend des allures de saga continentale, avec en ligne de mire la suprématie africaine et la course aux points olympiques pour Los Angeles 2028.
Les deux judokates se retrouveront pour la troisième fois cette année, le 28 juillet, sur le tatami du Grand Slam de Lausanne. Tête de série n°6, la Malgache de 22 ans arrive en position de force au classement mondial (18e, 1896 points). L’Angolaise de 30 ans, 8e tête de série et 37e mondiale (1146 points), incarne quant à elle la menace de l’expérience et de la revanche.
Leur premier affrontement remonte aux Championnats d’Afrique d’Abidjan en avril 2025. En huitièmes de finale, Laura avait fait parler sa vitesse et sa technique pour l’emporter. Un succès qui semblait alors annoncer le sacre d’une nouvelle génération. Mais le scénario s’est inversé en 2026. À Nairobi, en demi-finale des Championnats d’Afrique, puis en finale de l’African Open de Johannesburg fin juin, Mucungui a imposé sa puissance, son kumikata étouffant et sa maîtrise des phases au sol. Deux victoires qui ont redessiné les rapports de force sur le continent.
« Cette rivalité fait du bien au judo africain », confie un observateur régulier des circuits continentaux. D’un côté, la fougue et l’explosivité de Laura, capable de seoi-nage foudroyants et d’enchaînements renzoku-waza qui déstabilisent les meilleures. De l’autre, la solidité et le combat rapproché d’une Mucungui qui, à 30 ans, sait gérer ses combats avec une maturité redoutable et une efficacité redoutée en ne-waza.
Game of Thrones
Sur le plan statistique, Laura conserve une avance confortable au ranking mondial, grâce à des performances régulières sur le circuit international, notamment une médaille d’argent au Grand Prix de Qingdao et une finale continentale récente. Mucungui, elle, capitalise sur ses titres africains et sa capacité à monter en régime lors des échéances majeures. Un duel de styles qui promet des combats intenses.
Au-delà de la suprématie africaine, l’enjeu est olympique. Chaque point WRL compte double dans une catégorie extrêmement dense, où les Européennes comme Ida Eriksson (n°1), Clémence Eme (n°2) ou Sanne Van Dijke (n°3) fixent le niveau de référence. À Lausanne, dans un tableau relevé, les deux Africaines auront l’occasion de marquer les esprits sur la scène mondiale.
Naisa




