Une fois de plus, les Barea de Madagascar disputeront des matchs internationaux loin de leir public. Pour leur premier match à domicile des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (Can 2027), face à la Tanzanie début octobre, la sélection malgache sera obligée de se délocaliser au Maroc.
Comme huit autres nations africaines, les hommes de Corentin Martins se retrouvent orphelins de stade homologué. Le stade Barea de Mahamasina reste hors-jeu, et la CAF ne transige pas. Le Maroc devient ainsi, pour la énième fois, le grand hôtel de luxe du football africain. Neuf sélections, Niger, Lesotho, Centrafrique, Liberia, Bénin, Togo, Guinée, Somalie et Madagascar ont frappé à la porte du Royaume pour y disputer leurs rencontres « à domicile » durant la première fenêtre de septembre-octobre.
La raison est toujours la même : leurs enceintes nationales ne répondent pas au cahier des charges draconien de la Confédération africaine de football. Ainsi, des matchs de qualification transformés en voyages forcés, loin des supporters, loin de l’ambiance, loin de l’avantage du terrain.
Pour Madagascar, le calendrier s’annonce d’autant plus piégeux. Après un déplacement chez les Super Eagles du Nigeria lors de la journée 1, les Barea devront « recevoir » la Tanzanie… quelque part entre Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger ou Fès, entre le 21 septembre et le 6 octobre. A ce sujet la Caf a validé plusieurs stades marocains : le Prince Moulay Abdellah de Rabat, le Mohammed V de Casablanca, les grands stades de Marrakech, Tanger et Fès, ainsi que ceux d’El Jadida, Safi, Oujda et Meknès.
Dans le groupe L, la donne est claire et impitoyable. La Tanzanie, coorganisatrice de la phase finale avec le Kenya et l’Ouganda l’été prochain, est déjà qualifiée d’office. Il ne restera donc qu’une seule place réelle à prendre entre Madagascar, le Nigeria et la Guinée-Bissau. Chaque point vaudra de l’or. Mais jouer sans le douzième homme malgache, sur une pelouse étrangère, face à des Taifa Stars déjà libérés de toute pression, sera un handicap dès le départ.
Le paradoxe est cruel. Pendant que le Maroc multiplie les homologations et s’impose comme la plaque tournante incontournable du football continental, Madagascar attend toujours que son stade Barea retrouve enfin les bonnes grâces de la Caf. Les travaux de dernière chance doivent démarrer en septembre. L’objectif affiché est d’accueillir au moins le Nigeria en mars 2027. D’ici là, les Barea n’auront d’autre choix que de faire le dos rond et de transformer ces déplacements « à domicile » en véritable habitudes.
Naisa




