Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) ambitionne de formaliser la filière aurifère à Madagascar. Elle prévoit de mettre en place plusieurs points de collecte dans les régions productrices, à savoir Ambilobe, Maevatanana, Mananjary et Miandrivazo, qui figurent parmi les premières zones ciblées.
Ces dispositifs doivent permettre de rapprocher les orpailleurs des circuits officiels. BFM veut ainsi améliorer la traçabilité de l’or. Elle entend également renforcer le contrôle de sa qualité et de sa pureté.
« L’objectif est de faciliter l’accès à des circuits de collecte formels », explique la BFM. Selon l’institution, « cette démarche contribue à une meilleure structuration de la filière ». Elle doit aussi favoriser « une plus grande transparence dans la chaîne de l’or ».
Parallèlement, BFM compte promouvoir une exploitation aurifère plus respectueuse de l’environnement. A ce sujet, elle a signé, en avril dernier, deux accords de partenariat. Le premier concerne le programme PlanetGOLD Madagascar, mis en œuvre avec le ministère des Mines et l’Onudi.
Le projet devrait notamment réduire puis éliminer l’utilisation du mercure dans l’orpaillage artisanal. Cette pratique menace la santé des populations et l’environnement. Des alternatives techniques seront proposées aux exploitants. Le programme prévoit aussi un accompagnement des acteurs et davantage de sensibilisation. Le second accord porte sur la responsabilité sociétale des entreprises. Il associe BFM au ministère de l’Environnement et du Développement durable (Medd).
Financements
BFM veut également faciliter l’accès des orpailleurs aux services financiers. Elle prévoit notamment des financements adaptés aux technologies sans mercure. Des mécanismes de garantie et des produits financiers spécifiques devraient compléter ce dispositif. L’éducation financière des orpailleurs figure aussi parmi les priorités.
Dans le même registre, BFM souhaite enfin favoriser l’installation de prestataires bancaires dans les zones aurifères, afin de rapprocher les services financiers des communautés concernées.
L’enjeu économique reste également de taille. L’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or fournit environ 600.000 emplois directs à Madagascar. La formalisation doit donc améliorer les revenus et les conditions d’activité. Elle doit aussi renforcer la transparence d’une filière stratégique pour l’économie nationale.
Arh.




