Pas d’alternative

Les importations de riz de Madagascar au cours de ces dernières années méritent quel­ques remarques. Effec­tivement, elles sont passées de 500 000 tonnes en 2021 à plus de 800 000 tonnes en 2025. Autre­ment dit, les importations ont presque doublé en quatre ans. C’est plutôt alarmant.
Comment s’explique cette hausse vertigineuse des importations de riz ? Effectivement, on peut être certain qu’entre ces deux dates, le nombre de consommateurs n’a pas doublé. Autrement, d’où sont-ils sortis ? Alors pourquoi ces importations massives ?
Avant toute chose, tout ce qu’on peut dire c’est que les importations de riz sont très lucratives. Il existe une marge relativement si­gnificative entre le prix d’achat à l’extérieur et le prix de vente une fois arrivée à Madagascar. C’est pourquoi, les dé­tenteurs de capitaux se précipitent vers cette activité.
Mais malheureusement, les initiateurs de ces importations sauvages ne considèrent pas tous les préjudices que cela apporte. Bien évidemment, l’Etat profite des impôts et taxes prélevés sur ces importations, à moins qu’elles n’en soient exemptées. Ce qui est toujours possible.
Quoi qu’il en soit, les agriculteurs malgaches sont les premières et les principales victimes de toutes ces importations. La raison est que, généralement, le riz importé est moins cher et de ce fait inonde facilement les marchés intérieurs au détriment du riz produit localement.
Il faut remarquer que malgré une qualité moindre du riz importe comparé au riz produit localement, il se vend plus facilement compte tenu de son prix. Com­pte tenu du faible pouvoir d’achat de la population, cette dernière doit se rabattre sur le riz importé car moins cher.
Or, d’un autre côté, les agriculteurs locaux ont une marge de ma­nœuvre limitée en termes de fixation du prix du riz. Cela s’explique par le coût élevé des intrants qui, dans la majorité des cas, sont importés. Le faible rendement dans le domaine de la riziculture ne fait qu’accentuer cette situation.
Pour cette raison, les agriculteurs sont obligés de maintenir un prix de vente élevé, ne serait-ce que pour ne pas enregistrer des pertes. Certains agriculteurs ont même abandonné la culture du riz. D’autant plus que le moindre aléas (climatique, …) peut anéantir totalement tout espoir de faire une bonne récolte. Et cela arrive bien plus souvent qu’on ne le pense.
On sait pertinemment que le riz importé a un goût qui ne satisfait pas les consommateurs malgaches. Mais toujours à cause de leur pouvoir d’achat relativement limité, ils doivent s’en contenter. En fin de compte, ces consommateurs n’ont pas une autre alternative.

Ranaivo Lala honoré

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