Il fallait bien s’y attendre. La conjoncture actuelle est devenue une véritable aubaine pour une partie de la classe politique en quête de survie, au sein de l’Assemblée nationale, où certains élus semblent avoir découvert les vertus du changement de couleur et d’étiquettes.
Rouge avant-hier, orange hier, vert aujourd’hui, les couleurs changent mais les politiques restent les mêmes. Il faut croire qu’à Madagascar, certains députés ont compris qu’il est parfois plus prudent et plu sûr, de changer de maillot que de continuer à jouer dans une équipe qui n’a plus beaucoup de chances de gagner.
La politique a ses réalités, dira-t-on. Les alliances évoluent, les majorités se recomposent et les circonstances peuvent amener un élu à revoir sa position. Rien de plus normal, après tout. Un député n’est pas condamné à rester éternellement enfermé dans une case politique.
Mais il y a tout de même une petite différence entre changer d’opinion et changer de camp. Car un député n’est pas seulement un homme ou une femme qui tourne sa veste. Il est aussi un élu de la République, choisi par des électeurs qui, eux, n’ont pas forcément changé de couleur entre-temps.
Hier, certains parlaient au nom du changement. Aujourd’ hui, ils parlent au nom de la stabilité. Hier, ils critiquaient le pouvoir. Aujourd’hui, ils expliquent pourquoi il faut le soutenir. Et lorsqu’on leur demande ce qui a changé, la réponse est souvent soigneusement enveloppée dans les grands mots comme l’intérêt général, le développement…
Ces derniers temps, les annonces de soutien au régime en place se multiplient dans les rangs politiques et particulièrement parmi les élus. En soi, soutenir l’action d’un gouvernement
lorsqu’on estime qu’elle va dans le bon sens, n’a rien de scandaleux, au contraire.
Mais lorsque le soutien arrive après une succession de positions radicalement différentes, le citoyen est naturellement en droit de se demander ce qui motive réellement ce virage. Conviction politique ? Évolution sincère ? Volonté de participer à l’action publique ? Ou simple calcul pour assurer la prochaine étape d’une carrière ? Au gré du régime.
Rakoto




