FEC et FRD: le FMI approuve le décaissement de 155 millions de dollars, pour Madagascar

Le FMI débloque 155 millions de dollars pour Madagascar. Son Conseil d’administration a en effet achevé, le 30 septembre, les troisième et quatrième revues combinées, portant sur la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).

Le décaissement est immédiat. Près de 100 millions de dollars relèvent de la FEC et 55 millions de la FRD. Ces accords de 36 mois, approuvés en juin 2024, restent donc en vigueur. Ce montant est toutefois inférieur aux 183 millions évoqués en avril par les services du FMI. La décision tombe en outre en pleine transition politique. Le pays subit aussi les cyclones, les perturbations d’électricité et d’eau, et la hausse du pétrole.
Malgré ces chocs, le FMI constate une économie solide. «Nous voyons une économie qui fait preuve de résilience malgré les chocs», a soutenu le chef de mission du FMI, Constant Lonkeng, lors d’une rencontre avec la presse hier dans les locaux de l’institution à Anosy.
La croissance devrait atteindre 3,8 % en 2026, après 3,1 % en 2025. «Une croissance autour de 3 % reste raisonnable», ajoute-t-il.
Les carburants ont été aussi au centre des discussions. Le mécanisme automatique de fixation des prix doit s’appliquer pleinement d’ici janvier 2027. «Cette mesure permettra de ré­orienter des ressources limitées vers l’éducation, la santé et la protection sociale», souligne le président par intérim du FMI, Nigel Clarke. Des aides ciblées protégeront par ailleurs les ménages vulnérables.
Autre point de vigilance : les recettes fiscales, restées nettement sous les prévisions. A ce sujet, Nigel Clarke demande donc de rationaliser les exonérations. Il réclame aussi la mise en place des administrations fiscales et douanière renforcées.

« Globalement satisfaisante »
Le FMI juge malgré tout l’exécution de la FEC «globalement satisfaisante». Mada­gascar a certes manqué le critère du solde primaire à fin juin 2025. Mais il a respecté tous les critères à fin décembre. Le Conseil a donc accordé une dérogation.
La Jirama demeure le principal point noir. «Le problème de l’énergie, électricité comme eau, passe par la Jirama», estime Constant Lonkeng. Le FMI exige ainsi l’application rapide de son plan de redressement.
Le gouvernement, pour sa part, revendique ces résultats. Le ministre de l’Économie et des finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramia­rison, a mené plusieurs mois d’échanges techniques. Le Plan de relance est porté par le président de la Refon­dation, le colonel Michaël Randrianirina, et par le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison.
Côté réformes, Mada­gascar a adopté son premier budget vert et une Stratégie nationale de financement climatique. Certaines mesures ont toutefois pris du retard. Un plan d’action vient aussi compléter la stratégie anticorruption. «Le principal acteur de la gouvernance, ce sont les populations, gardiennes des réformes», affirme le représentant résident du FMI à Madagascar Eklou Kodjovi.
Mais, il reste un risque : le déficit courant devrait atteindre 8,3 % du Pib en 2026, contre 6 % en 2025. «Le dialogue continue, mais la réalité change», conclut Eklou Kodjovi.

Arh.

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