Le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, a accordé une interview à la chaîne de télévision russe Russia Today (RT). Plusieurs dossiers diplomatiques ont été abordés, notamment les relations de Madagascar avec l’Union africaine, les perspectives d’adhésion aux Brics, ainsi que la coopération avec la Russie et la France.
Concernant la suspension de Madagascar par l’Union africaine (UA), le chef de l’Etat a tenu à apporter des précisions. « L’Union africaine n’a pas suspendu sa coopération avec Madagascar. Elle a suspendu la participation de notre pays aux réunions organisées », a-t-il expliqué.
Il a également souligné que l’UA reste présente à Madagascar et continue de l’accompagner dans son processus de Refondation. Pour obtenir la levée des sanctions encore en vigueur, le président mise sur le respect de la feuille de route devant conduire à l’organisation des élections.
« Notre principale mission consiste à suivre cette feuille de route qui doit mener le pays vers les élections. C’est notre objectif prioritaire pour nous libérer des sanctions de l’Union africaine », a-t-il affirmé.
Les Brics, une ouverture vers de nouveaux partenaires
Evoquant les relations avec la Russie, Michaël Randrianirina est revenu sur sa première visite à Moscou, en février. Il a exprimé le souhait de profiter des prochaines rencontres pour évaluer les engagements pris, faire le bilan des réalisations et identifier les domaines nécessitant davantage d’efforts.
« Nous espérons que notre prochaine rencontre nous permettra de revenir sur les sujets déjà évoqués, de voir ce qui a été réalisé, ce qui reste à faire et les efforts sur lesquels nous devons encore nous concentrer », a-t-il indiqué.
Le chef de l’Etat a par ailleurs constatée une progression de la coopération entre les deux pays dans plusieurs secteurs. «Une avancée de la coopération est constaté, notamment dans
l’économie, l’agriculture et l’élevage », a-t-il souligné.
Le rapprochement avec les Brics a également été abordé. Michaël Randrianirina a précisé qu’il envisageait plutôt une adhésion de Madagascar en tant que pays partenaire, et non comme membre à part entière. « Je n’ai pas entièrement parlé d’une adhésion en tant que membre à part entière des Brics. C’est plutôt un statut de partenaire que j’envisage, car l’économie malgache n’est pas encore suffisamment solide pour intégrer ce groupe en tant que membre », a-t-il expliqué.
Pour le président, les Brics représentent avant tout une opportunité de diversifier les circuits commerciaux et de stimuler le développement économique du pays. « Je considère les Brics comme un moyen de trouver de nouveaux circuits commerciaux pour Madagascar et de développer notre économie », a-t-il déclaré.
Le dossier reste toutefois à l’étude. « Nous devons examiner les obstacles qui pourraient empêcher cette démarche d’avancer. Nous souhaitons que les Brics acceptent Madagascar comme partenaire afin de sortir des schémas de coopération internationale auxquels notre pays a été habitué jusqu’ici et qui n’ont pas donné de résultats satisfaisants », a-t-il ajouté.
Pas de rupture avec la France
Enfin, le président de la Refondation a abordé les relations entre Madagascar et la France. Il a rappelé s’être rendu à deux reprises dans l’Hexagone depuis sa visite en Russie, notamment à l’occasion d’un sommet consacré à l’espace et d’une rencontre avec le président français Emmanuel Macron.
Michaël Randrianirina a assuré que Madagascar n’envisageait aucune rupture de son partenariat avec la France. « Madagascar, en tant que pays francophone, n’envisage pas de mettre fin à son partenariat avec la France et n’a élaboré aucun programme dans ce sens », a-t-il affirmé.
Il a au contraire exprimé sa volonté de consolider les relations entre les deux pays. « Nous cherchons à renforcer et à améliorer cette coopération afin que la population malgache puisse réellement en tirer profit », a-t-il conclu.
N.A





