La guerre des drones à bas coût

Les drones à bas coût bouleversent les rapports de force militaires et politiques. Longtemps réservés aux grandes armées, ces armes redoutables sont désormais accessibles à presque tous. Des États moins puissants et des groupes armés peuvent ainsi menacer des adversaires mieux équipés.

Les attaques visant la région de Moscou illustrent ce danger. Elles perturbent le trafic aérien et touchent directement la vie quo­tidienne. Elles inquiètent aussi les diplomates, comme c’était le cas lors du Sommet Russie–Afrique. Com­ment protéger les dé­lé­gations ? Et Mada­gascar, un regain des survols de drones au-dessus de son territoire, reste sur le qui-vive.

Sur le terrain, la lo­gique est économique. En Ukraine, des appareils civils modifiés servent à la reconnaissance et aux frappes précises. Ils coûtent quel­ques centaines ou quel­ques milliers de dollars, alors que les systèmes chargés de les intercepter coûtent bien plus cher. « Le rapport de coût est totalement déséquilibré », selon un analyste militaire. Les États doivent donc re­voir leurs budgets. L’enjeu est direct pour un pays aux moyens limités comme Mada­gascar.

Des limites bien réelles

Au-delà du coût, la rupture est surtout poli­tique. En 2020, au Haut-Karabakh, l’Azer­baïdjan a prouvé l’efficacité stratégique des drones face aux forces arméniennes. Au­jourd’ hui, en Ukraine, ils mettent à l’épreuve la puissance militaire russe. « Un petit acteur peut désormais gêner un grand », résume l’analyste.

Pour autant, la guerre n’est pas à la portée de tous. Un drone ne remplace ni la logistique, ni le renseignement, ni la défense aéri­enne. Il crée même de nouvelles dépendances : composants, logiciels et réseaux de communication. « Le drone ne gagne pas seul », prévient un expert en sécurité.

Pour une île aussi vaste que Madagascar, ces vulnérabilités com­ptent. Madagascar a déjà réagi. En avril, l’ACM a rappelé que tout usage de drone, professionnel, commercial ou de loisir, exige une autorisation préalable. Certains professionnels du drone de­mandent toutefois un allégement de la procédure.

Le droit des conflits armés se trouve également en question, car les frappes à distance menacent parfois des infrastructures civiles. De plus, la course entre drones, brouillage et interception exige une adaptation permanente. Ainsi, les drones modifient à la fois le coût de la force, la sécurité des territoires et les marges de manœuvre diplomatiques. Ils redéfinissent la puissance des États.

Arh.

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