« La crise de confiance envers les institutions chargées de la gestion et de l’organisation des opérations électorales, est une source d’instabilité politique à Madagascar ». C’est en substance le constat dressé par le Dr Zavamanitra Andriamiharivolamena, député de Madagascar et non moins président national du parti Asa Vita Ifampitsarana (Avi), hier.
D’après le président national du parti Asa Vita ifampitsarna (Avi), le Dr Zavamanitra Andriamiharivolamena, également député de Madagascar, la Haute cour constitutionnelle (HCC) et le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, ont perdu la confiance de la population au fil des élections.
«Et cette situation est préoccupante dans un contexte de réforme et de refondation», a fait savoir le président de l’Avi. Car une telle défiance envers les institutions électorales, est une réelle menace pour la démocratie et la stabilité politique du pays.
Dès lors, le Dr Zavamanitra Andriamiharivolamena estime qu’il y a urgence à mettre en place un système électoral fiable garantissant la transparence du processus et l’équité, pour éviter tout risque d’émergence de nouvelles crises politiques, post-électorale. C’est pourquoi, selon le président de l’Avi, le parti a décidé de prendre part aux débats sur la réforme électorale tant sollicitée par la population.
«L’Avi appelle une réforme profonde du système électoral, afin de garantir la tenue des scrutins crédibles et transparents qui ne souffrent d’aucune contestation», a-t-il déclaré.
Et d’ajouter «nous sommes déterminés à apporter notre contribution avec des propositions de réforme de la Loi régissant la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de la Loi organique devant encadrer l’organisation des élections et des référendums».
Réduire les prérogatives
Dans ce contexte, les propositions de l’Avi s’articulent autour de trois priorités fortes. D’abord, le parti propose de réduire les prérogatives du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation et d’instaurer des sanctions sévères immédiatement applicables à l’encontre des responsables du processus électoral qui ont enfreint aux dispositions du Code électoral. L’Avi requit même une peine d’emprisonnement le cas échéant.
Parmi les propositions également, la création d’une «Cour Spéciale électorale» qui a pour mission de régler les contentieux électoraux. Il revient aussi à cette institution de proclamer officiellement les résultats définitifs des scrutins. L’Avi prône aussi le renforcement de l’indépendance de la Ceni.
Selon le Dr Zavamanitra Andriamiharivolamena, ces propositions ont déjà été remises au Comité de préparation de la première partie du Dialogue politique portant sur la réforme du système électoral.
Transparence
Alors que la seconde phase du Dialogue politique sur l’amélioration du processus électorale, est annoncée pour bientôt, le parti Avi appelle donc à une restitution des propositions issue de la première étape des consultations, au nom de la transparence dans le but de rétablir un climat de confiance entre les parties prenantes et de dissiper tout malentendu.
Pour l’Avi, il serait prématuré de passer à la seconde étape sans apporter des éclaircissements sur les diverses propositions de réformes formulées par les participants lors de la première phase du Dialogue politique.
Référendum constitutionnel
Sur la question du référendum constitutionnel, le parti Avi est favorable à son organisation. Il considère en effet cette démarche légitime conformément aux aspirations populaires. Toutefois pour le parti «Asa Vita Ifampitsarana», la prudence est de mise afin de ne pas adopter une Constitution ne répondant pas aux attentes réelles de la population. Aussi, il insiste sur la nécessité de bien définir en amont les modalités de consultation, l’enjeu étant de taille.
Pour le choix de la future Constitution, le parti Avi propose deux options susceptibles de garantir un vote mûrement réfléchi et une meilleure compréhension des enjeux : soit soumettre au vote les différentes propositions aux grands électeurs, soit faisant appel à l’Assemblée nationale pour se prononcer à travers un vote.
Toutefois, si le recours au suffrage universel s’avère incontournable, le parti suggère d’améliorer le dispositif d’organisation du référendum, à l’aide de nouvelles technologies numériques, voire de l’Intelligence artificielle.
Rakoto





