Plus que des affaires ou faits divers, c’est selon, des événements récents viennent rappeler avec brutalité la montée de l’insécurité dans le pays. Et c’est de plus en plus inquiétant. C’est le cas notamment de l’assassinat de deux missionnaires sud-coréens lors d’un braquage, d’une élue prise pour cible dans un guet-apens alors qu’elle venait tout juste d’avoir son écharpe ou encore d’un policier abattu dans un vol à main armée à Toamasina. Pour ne citer que ces trois-là. Ces actes de violence illustrent une réalité inquiétante : c’est que la sécurité demeure un défi majeur pour le pays, menaçant non seulement la vie des citoyens et des résidents étrangers, mais également l’image et l’attractivité économique du pays.
Le meurtre des deux missionnaires sud-coréens à Moramanga illustre la vulnérabilité des opérateurs étrangers. Venus pour transmettre leur savoir en matière de techniques rizicoles, ces hommes ont été victimes d’un acte de violence d’une rare sauvagerie. Qu’on le veuille ou non, une telle tragédie risque d’envoyer un signal décourageant à d’autres investisseurs et coopérants d’autant que la sécurité constitue l’une de leurs préoccupations.
Pour ce qui est de l’exécution de la maire de Mangataboahangy, elle met en lumière un autre aspect alarmant de l’insécurité et les tensions sous-jacentes qui peuvent conduire à des actes d’une telle violence. Son assassinat, clairement prémédité, rappelle la fragilité de certains responsables locaux face à des bandits qu’on surnomme les « dahalo » ou à des adversaires politiques sans scrupules. En tout cas, la rapidité avec laquelle des suspects ont été arrêtés est un signal positif, en espérant que cela pourrait rétablir la confiance de la population en la justice si elle est rendue avec fermeté. Le résultat des enquêtes qui suivront cette affaire permettra en tout cas d’avoir plus de précisions sur les réelles motivations des auteurs de cette exécution.
Enfin, le braquage meurtrier d’un policier à Toamasina montre que la délinquance urbaine reste une problématique majeure dans certaines grandes villes. Selon les informations recueillies, cette situation résulte d’un face-à-face entre des patrouilleurs de la police et deux détrousseurs.
Ces faits, bien que choquants, ne doivent cependant pas conduire à une généralisation excessive. Madagascar ne figure pas parmi les zones rouges déconseillées aux touristes et aux investisseurs étrangers. Et espérons que cela n’arrivera pas. Jusqu’ici, les régions les plus fréquentées restent relativement sûres, et la majorité de la population aspire à la stabilité et à la prospérité.
Cela dit, dans le contexte actuel, il est crucial que la Grande île ne laisse pas ces genres de fait ternir son image. Des mesures plus efficaces en matière de sécurité et de justice de la part des responsables doivent être prises tant qu’on est encore à ce stade.
Rakoto