On ne peut pas tout avoir

Les premières vraies pluies de la saison sont tombées hier. On espère bien qu’elles vont se poursuivre car elles sont bénéfiques sur de nombreux plans. En effet, on a immédiatement senti toute la différence qu’elles ont apportée dans la vie au quotidien.
Tout d’abord, l’air dans la Capitale était moins pollué. Ces derniers jours, tout le mon­de suffoquait de chaleur, avait des problèmes pour respirer. Bien entendu, les personnes à la santé fragile et qui présentaient des problè­mes respiratoires étaient les plus affectées.
Mêmes celles qui étaient en bonne santé éprouvaient de grandes difficultés pour se dép­lacer sous un soleil de plomb. Il ne fallait pas oublier de se désaltérer à tout moment. Ce sont des gestes simples qu’on oublie souvent mais qui ont toute leur importance pour rester en forme.
Tous comme les hommes, les plantes ont également été éprouvées par l’absence de pluie et la forte chaleur. Mainte­nant, les cultivateurs peuvent poursuivre leurs activités avec plus d’optimisme car ils peuvent s’attendre à une bonne période culturale avec cette pluie tout en espérant qu’il n’y en ait pas trop.
Par contre, c’est le moindre mal qu’on puisse souhaiter à la Jirama. Ces premières pluies mar­quent elles la fin de la période sèche, donc celle de l’étiage ? Il faudra beaucoup plus d’eau de pluie pour espérer que les centrales hydroélectriques soient suffisamment alimentées en eau.
Mais d’un autre côté, ces premières pluies sont également annonciatrices de problèmes récurrents qu’il faut surmonter chaque année. Pour la Capitale en particulier, qui dit pluie, dit risque d’inondation. En effet, on peut être certain que le curage des canaux d’évacuation d’eau n’a pas été totalement fait.
Or, d’aucuns ignorent la moindre pluie relativement épaisse transforme la Ville des Milles en une véritable cité lacustre. Il ne manquerait plus que les gondoles pour qu’elle ressemble à Venise en Italie avec ses nombreux canaux. Les nouveaux cas de remblayage de terrains n’ont fait que renforcer le problème.
Et bien évidemment, pour tous ceux qui habitent dans les zones peu basses, c’est le début des cauchemars. A chaque forte pluie, on se pose toujours la question de savoir si on va être obligé de quitter la maison où on habite pour trouver un refuge plus sécurisé.
Plus grave encore, c’est l’état des routes. On se trouve aujourd’hui en pleine réhabilitation de nombreuses routes natio­nales. L’arrivée des pluies ne va pas faciliter les travaux. A moins d’accélérer ces travaux. Ce qui est difficilement réalisable. Alors, quoi choisir ? La pluie ou la sécheresse ? On ne peut pas tout avoir dans ce monde.

Ranaivo Lala Honoré

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