Après les récents évènements socio-politiques qui ont entrainé la chute du précédent régime, on assiste aujourd’hui à la dénonciation de tous les abus que certains anciens dirigeants auraient perpétré sur des biens publics. Ce type de dénonciation a toujours cours après chaque crise socio-politique.
Ces dénonciations sont légitimes car si on ne réagissait pas à l’encontre des auteurs présumés de ces actes de prédation économique, on va finir par croire que tels actes sont permis. Et dans ce cas de figure, ces actes vont se perpétuer au cours de tous les régimes qui vont suivre.
Autrement dit, ces dénonciations ont pour objectifs de mettre fin à des pratiques répréhensibles devant la loi. Par principe, les dénonciations ne sont jamais des actes gratuits. Elles consistent à désigner un coupable (d’un acte répréhensible) à une autorité, à la justice.
Pour cette raison, il ne faut pas confondre la dénonciation à la délation. Par définition, la délation est une dénonciation inspirée par des motifs méprisables, une dénonciation intéressée, inspirée par la vengeance, la jalousie ou la cupidité. Dans ces cas, la délation s’identifie plutôt à la calomnie, la médisance, … .
Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de dénonciation ou de délation, il y a toujours une raison à chaque acte. Pourquoi leurs auteurs y sont arrivés ? Pour soulager leur conscience ? Par vengeance eu égard d’hypothétiques dommages subis ? Ou bien pour se laver de tout soupçon ?
Les faits sont là. Tous ont laissé les prédateurs agir comme bon leurs semble. Comme toujours, il est bien facile d’imputer toute la responsabilité d’un fait à une seule personne, comme si c’était le mal personnifié. Et comme souvent, tous les maux lui sont reprochés.
Pourtant, il y avait aussi tous ces organes de régulation, de contrôle, de surveillance … mis en place. Mais eux aussi, ils ont fermé les yeux ou bien regardé ailleurs quand cette spoliation de biens communs se réalisait. Qu’il s’agisse de dénonciation ou de délation, on était au courant de ces faits mais on a laissé faire.
Qu’est-ce qui peut justifier cette passivité, ce silence pendant que les délits se faisaient? La crainte de répressions ? Par lâcheté ? La crainte de rétorsion, donc l’instinct de survie ? Evidemment, tout le monde n’a pas l’étoffe d’un héros. Alors pourquoi intervenir seulement maintenant ?
Des intérêts personnels peuvent entrer en jeu. Ce qui veut dire qu’on a également, plus ou moins, directement ou indirectement, profité de la situation. Dans tous les cas, une chose est sure : Pour avoir laissé faire sans la moindre réaction, nous sommes tous coupables !
Ranaivo Lala Honoré




