Après les pluies intermittentes de ces derniers jours (et elles ne sont pas prêtes de s’arrêter), on enregistre les premiers sinistrés suite à la montée des eaux à Ampitatafika. Pour le moment, 30 ménages sont concernés et déjà pris en charge selon la Commune.
Il faut reconnaître que la montée des eaux a été vertigineuse : En 24 heures, le fleuve Sisaony a accusé une hausse de 1 m pour se retrouver aujourd’hui à une hauteur de 2,58 m. Selon l’Apipa, la côte d’alerte « jaune » de 3,00 m sera atteinte dans les prochaines 12 heures.
A rappeler que la côte d’alerte « rouge » signifiant que le danger est imminent est déclarée quand le fleuve atteint une hauteur de 3,50 m. Avec la pluie qui ne cesse de tomber tous les jours, il n’est pas exclu qu’on y arrive. Et le cas échéant, ce sont des centaines de ménages qu’il faudra accueillir.
Bien entendu, on s’est déjà préparé à faire face à de telles éventualités. Mais toujours est-il qu’on ne peut jamais prévoir à l’avance ce qui va se passer effectivement. Il est impossible de prétendre qu’on est paré à toutes les éventualités. La nature a toujours son dernier mot à dire.
Le plus à plaindre est cette population, qui à chaque fois, bon gré
ou malgré, doit quitter sa maison d’habitation avec la grande partie de leurs biens laissée sur place. Et quand on pourra revenir, on ne sait jamais dans quel état seront-ils. L’eau de pluie peut tout endommager.
C’est un problème récurrent que doit vivre la population installée le long des rives du fleuve. Pour la plupart, ce sont des générations successives qui s’y sont installées pour vivre dans de telles conditions. Chaque année, c’est toujours le même problème. C’est l’éternel recommencement.
Quoiqu’on puisse féliciter cette population pour sa capacité de résilience face à ce type de catastrophe naturel, il faut tout de même trouver une solution permanente et définitive. Pendant toute la période de pluie, dès les premières gouttes, la population vit quotidiennement sous la menace d’une inondation.
Il faut qu’on trouve un moyen pour empêcher l’eau du fleuve de déborder de son lit. On peut commencer par draguer le fond du fleuve pour enlever tous les détritus qui l’encombrent. On peut également élever des diguettes de protection. Mais tout cela nécessitera d’énormes investissements.
Mais qu’on le veuille ou non, la sécurité de la population n’a pas de prix. En dernier recours, on peut obliger les habitants à quitter définitivement ces lieux. Ce qui, au préalable suppose que de nouvelles installations sont déjà aménagées et disponibles pour les accueillir. Aux grands maux, les grands remèdes.
Ranaivo Lala Honoré




