Depuis la prise de pouvoir par les militaires du Capsat, la valse diplomatique des représentations étrangères se poursuit auprès des nouveaux dirigeants afin de les séduire. Pourtant, nul n’est sans savoir aujourd’hui que Madagascar figure parmi les pays les plus pauvres du monde. Qu’est-ce qui les intéresse tant alors sur la Grande île ?
D’aucuns ignorent que Madagascar décèle encore d’énormes potentiels et atouts malgré toutes les multiples mises à sac systématiques que le pays a enduré depuis des décennies, tant de l’extérieur que de l’intérieur. Et c’est pour cette raison qu’on dit souvent que le pauvre peuple malgache se prélasse sur des richesses encore inexploitées.
Parmi tous ces potentiels, on peut citer, entre autres, l’existence de minerais qui sont indispensables à l’industrie moderne basée sur les nouvelles technologies terres rares). La situation géopolitique hautement stratégique de la Grande île dans cette zone de l’océan Indien est un autre grand atout. D’où l’intérêt que ces « grandes puissances » attachent à Madagascar.
Tous les pays intéressés par ces potentiels s’efforcent de présenter le côté avantageux que Madagascar tirera profit dans le cadre d’un partenariat avéré et reconnu. Mais le plus étonnant est que ces pays ne déclarent jamais directement ce qui les intéresse dans un pays donné. Tout se fait et s’établit dans la plus grande discrétion.
C’est à travers les engagements politiques et financiers qu’ils proposent qu’il faut essayer de déchiffrer leurs véritables objectifs tout en sachant que, dans ce type de jeu, tous les coups sont permis. C’est pour cette raison que certaines offres d’aide étrangères appuient sur l’une des cordes sensibles du pays. Et compte de la situation du pays, ce n’est pas le choix qui manque.
Dans ce cas de figure, la lutte contre l’insécurité alimentaire dans certaines régions du pays constitue une de ces cordes sensibles. Au cas où ce problème persiste, voire se renforce, il peut toujours être à l’origine d’une très sensible et profonde tension sociale. Donc sa résolution doit être l’une des priorités des nouveaux dirigeants.
Et c’est pourquoi il faut savoir faire la distinction entre un partenariat crédible et celui qui ne l’est pas. En effet, à vrai dire, on ne peut pas parler de pays ami mais plutôt de partenaire. Et l’efficacité de cet appui extérieur qu’il soit bilatéral, régional ou international doit se mesurer sur sa capacité à produire des résultats tangibles pour la population.
Pour toutes ces raisons, il ne pas reproduire les erreurs du passé malgré toutes les aides alléchantes promises. Il faut se dire que jusqu’à présent, aucune aide ne nous a permis de nous passer des aides. Bien au contraire, le pays s’est enfoncé petit à petit dans la pauvreté. En politique comme dans les relations internationales, aucune offre d’aide n’est jamais totalement désintéressée.
Ranaivo Lala Honoré




