Trois mots qui résument presque à eux seuls l’année 2025 pour Madagascar. Comme le veut la tradition, à l’approche d’une nouvelle année, l’heure est au bilan. Regarder dans le rétroviseur est souvent nécessaire pour mieux comprendre le présent et, surtout, préparer l’avenir. Peu nombreux étaient ceux qui, en janvier 2025, auraient parié sur un changement politique aussi marquant au cours de l’année. Tout semblait pourtant bien commencer.
Madagascar a accueilli coup sur coup des rendez-vous diplomatiques majeurs avec le Sommet de la COI en avril, puis le Sommet de la SADC en août. Sans oublier la visite officielle du Chef de l’État français. Pendant plusieurs mois, Madagascar a donné l’image d’un pays qui assume ses ambitions régionales et continentales, désireux de reprendre toute sa place dans les grands débats.
Mais l’élan s’est rapidement essoufflé. A partir de septembre 2025, la vie sociopolitique a été marqué par les coupures répétées d’eau et d’électricité. Des difficultés bien connues, certes, mais dont l’ampleur et la durée ont fini par épuiser la patience de la population. Dans ce contexte tendu, une nouvelle dynamique sociale a émergé à travers notamment la génération Z, pleinement consciente du pouvoir des réseaux sociaux. Les manifestations se sont ensuite multipliées. Entre temps, des pillages ont coûté leurs biens à de nombreux citoyens, et des pertes en vies humaines ont été enregistrées, rappelant que la contestation, lorsqu’elle échappe au contrôle, laisse toujours des blessures.
Et puis, depuis octobre, le climat a changé avec la refondation,
un nouveau terme en vogue sur le plan politique. Les conséquences politiques de cette période agitée se font toujours sentir, nourrissant un sentiment de méfiance et parfois de revanche. Et pour cause, certains observateurs s’interrogent jusqu’où cette spirale peut- elle mener ? La question de l’État de droit revient avec insistance, notamment face à des pratiques controversées comme des perquisitions menées sans mandat et une justice qui semble de plus en plus en faveur du vainqueur. Plus encore, la loi du plus fort semble aussi gagner du terrain.
Cela étant, au-delà des tensions et des incertitudes, 2025 aura aussi montré une chose essentielle, c’est que la Grande ile est un pays vivant, qui traverse des hauts et des bas ainsi qu’une jeunesse en quête d’aspiration. Le défi pour 2026 sera donc de transformer ces énergies en dialogue constructif entre toutes les forces vives. Et comme toujours, c’est la manière de l’écrire qui déterminera si elle sera porteuse d’espoir ou de nouvelles désillusions.
Rakoto




